Tract, in Ps, XIII, n. i
i. Histoire générale de la Littérature du Moyen âge en Occident^ t. I, livre II, chap. v, (Trad. de MM. Aymeric et Condamin.)
Digiti:
Ces critiques sont fondées; et longtemps avant M. Ebert, saint Jérôme avait reproché à Hilaire les longues périodes qui le rendaient malaisé à entendre. « Hilaire », dit encore le solitaire de Bethléem, « se hausse sur le cothurne gaulois [Sanctus Hilarius gallicano cothurno cUtollitur *)»; et ce n'est point là, je pense, un éloge qu'il lui adresse. Mais, nonobstant ces réserves, Jérôme admire chez Hilaire T écrivain presque autant que le docteur. « Veut-on », demande-l-il, « une éloquence qui s'épanche à flots ? qu'on lise Cicéron...; et, parmi les nôtres, Tertullien, Cyprien, Minutius, Félix, Arnobe, Lactance, Hilaire...* » Pour Jérôme, Hilaire est le Rhône de Téloquence latine [Hilarius latinss éloquent iœ Rhodanus^). L'Occident seul n'a pas vanté ses ouvrages. L'historien Sozomène déclare Hilaire aussi admirable par son éloquence que par sa vie, « quoiqu'il soit peu ordinaire aux Grecs de trouver de l'éloquence dans les latins », remarque, non sans quelque malice, le grave Tillemont*.
M. Ebert lui aussi admire le talent hltéraire de Tévêque de Poitiers. Il loue chez lui la vigueur de la diction, la sincérité de l'accent, et, jusque sous cette pompe gauloise signalée par saint Je-