Etude XV, chap. m
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sait à croire à sa naissance. D'abord il prenait une apparence humaine pour se rendre sensible à Tinfirmité de notre nature. Plus tard, dans l'infirmité d'une nature nouvelle, il naît tel qu'il s'était montré. L'ombre prend corps, l'apparence devient vérité, l'apparence est une réalité*. »
Cette théorie dont les anciens Pères s'étaient servis pour prouver contre les sabelliens la distinction des personnes divines, fut plus tard abandonnée, parce que les ariens prétendaient en déduire l'infériorité du Fils au Père. Dans le second et le troisième livre de son Traité de la Trinité^ saint Augustin s'attache à établir que les apparitions ne doivent pas être attribuées à quelqu'une des personnes divines, ou à la Trinité' tout entière, mais qu'elles ont été produites par le ministère des anges. L'antique théorie n'en garde pas moins sa beauté louchante; la liturgie romaine ne l'a point répudiée, et nous la trouvons dans les grandes antiennes de l'Avent, comme dans les pages éloquentes de saint Hilaire.
Hilaire proclame la divinité de la troisième personne trinitaire, comme il a proclamé celle des deux autres. « Que nul désormais n'ose reléguer parmi les créatures l'Esprit de Dieu qui nous est donné comme un gage d'immortalité et qui nous
I. De Trinitate, lib. V, n. 17. Traduction du P. Th. de RëgDon.
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associe à la divine et incorruptible nature*. » Et plus loin : « On ne peut se taire sur le Saint- Esprit, et il n'est pas nécessaire de parler de Celui qui, procédant du Père et du Fils, doit être confessé avec eux. S'il existe, ce n'est pas ce qu'il faut se demander. L'Esprit-Saint existe, car il est donné, reçu, possédé; et Celui qu'une même confession de foi unit au Père et au Fils, ne peut pas être séparé de la confession du Père et du Fils*. »
Sans doute, l'antiquité ecclésiastique, à commencer par Hermas, Tauteur du livre du Pasteur^ n'a pas exclusivement réservé à la troisième personne divine le nom qui d'ordinaire la désigne. Au xin® siècle saint Thomas d'Aquin remarquera que le mode suivant lequel procède le Saint-Esprit n'a pas de nom propre. C'est ainsi, dit encore l'illustre docteur, que le nom même de Saint- Esprit convient aux deuxiautres personnes, puisque chacune est sainte et chacune est Esprit '. Ce que saint Thomas devait dire, Hilaire le reconnaît*; mais il a soin d'ajouter que le contexte des passages scripturaires suffit à nous indiquer si c'est Dieu considéré dans la trinîté de ses personnes, ou si c'est la troisième personne que désignent