I. De Trînit,^ lib. I, n. lo
a. Cardinal Pie, Discours prononcé à Saint- André délia Falley le i4 janvier 1870, Œuvres complètes, t. VI, p. 554.
Digiti:
elle sait que le Verbe est Dieu de Dieu. Elle ne s'égare pas au point d'introduire en Dieu une diversité de nature, car elle a appris que le Dieu de Dieu est plein de grâce et de vérité. Elle ne pense pas qu'il est né tardivement de Dieu, car elle sait que Dieu est en Dieu dès le commencement.
L'âme n'ignore pas que si la foi en cette doctrine salutaire est une chose rare, elle mérite un prix sans pareil, car le Verbe n'a pas été reçu par les siens, et ceux qui l'ont reçu sont devenus enfants de Dieu en vertu non de leur naissance, mais de leur foi.
« On devient enfant de Dieu non par nécessité, mais par le libre usage de son pouvoir : de telle sorte que le don divin offert à tous ne soit pas transmis par la naissance, mais soit accepté par la volonté. Et pour que les terreurs d'une foi encore faible n'empêchassent personne de devenir enfant de Dieu, — la difficulté rend timide l'espérance quand on désire plus qu'on ne croit — le Verbe Dieu s'est fait chair, afin que par le Verbe incarné la chair même s'élevât jusqu'à Dieu. Et pour nous faire voir que le Verbe incamé n'est autre que le Verbe Dieu, et qu'il est la chair de notre chair, il a habité parmi nous. En y habitant, il reste Dieu.... Il prend notre chair, et il ne perd pas sa dignité propre : Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité, parfait dans sa nature et véritablement doué de la nôtre
Digiti:
« Mon âme embrassa avec allégresse la doctrine de ce divin mystère, s'élevant ainsi à Dieu par la chair même, appelée par la foi à une naissance nouvelle, à une céleste régénération qu'elle était désormais libre d'obtenir*.... n
Hilaire était chrétien. L'Évangile dont on peut dire que sa simplicité lumineuse, que son incomparable et inimitable sincérité jurent pour lui^ et suffisent à lui donner créance, a ravi son adhésion. L'humble condition de l'auteur du quatrième Évangile, du « pêcheur pauvre, ignorant », qui lui apparaissait « les mains chargées de filets, les vêtements trempés d'eau, les pieds alourdis par la vase, sortant de sa barque' », et qui du premier essor s'était élancé si haut, est pour lui un motif de crédibilité. Dans l'Évangile de Jean, Hilaire a vu d'abord et surtout le grand mystère d'amour qui s'y révèle*, le mystère de l'Incarnation. « Tout l'Évangile semblait, pour lui, tellement réduit à ce point, que pendant longtemps il ne soupçonna même pas qu'un doute pût s'élever au sujet du Verbe incarné*. »
Selon ses propres paroles, la « céleste régéné-