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5. L'' Église et P Empire au iy* siècle, a* partie, t. I, chap. lY.
Digiti:
ration » lui était oflFerte; Hilaire, pour s'y préparer, se fit inscrire parmi les catéchumènes. Il Alt enfin baptisé. Longtemps après, du fond de Texil où son intraitable orthodoxie Tavait fait reléguer, il aimait à rappeler les enseignements qu'il avait reçus avec le baptême, et il jetait aux contempteurs de la divinité du Verbe un défi triomphant : « Dieu tout-puissant, s'écriait-il, pardonne à l'impatiente douleur qui me presse déparier; souffre que moi, terre et cendre, enchaîné par le zèle de ta gloire, je m'épanche en ces paroles.... J'ai appris qu'il y a avec toi un Dieu qui n'est pas autre que toi en nature, mais qui est un avec toi dans le mystère de ta substance.... La voix des évangélistes et des apôtres me Ta enseigné; les oracles de ton Fils unique, consignés dans leurs livres, m'attestent que ton Fils, Dieu engendré de toi Dieu inengendré, est né, homme, d'une Vierge pour me sauver....
Telle est la foi que je garde si fidèlement dans mon âme, que je ne pourrais ni ne voudrais croire autrement.... Mon mal est inguérissable. Pardonne-moi, Dieu tout-puissant, je ne puis réformer ma croyance, je veux mourir dans cette foi.
« Ils arrivent trop tard pour moi, les docteurs impies que ce siècle a produits. Ma foi que tu as instruite toi-même, a connu trop tard de tels maîtres. Avant que j'eusse entendu leurs noms.
Digiti:
j'avais cru en toi, j'ai été régénéré par toi, et je suis tien pour toujours*. »
Hilaire avait une femme et une fille; « plein de Tesprit de Dieu », a écrit Fortunat, « il fit si bien Téducalion chrétienne de ces nobles âmes^ que, laïque encore, par la grâce divine, il possédait déjà la grâce de Tépiscopat. » Et, complétant sa pensée, le biographe ajoute : « Avant (l'avoir déposé sa chevelure, par la discipline sévère à laquelle il s'était assujetti, Hilaire révélait la future beauté de son âme; il préparait ainsi en lui l'évêque irréprochable qui devait un jour monter à l'autel*. » Devenu apôtre en même temps que chrétien, « tantôt », dit encore Fortunat, « il instruisait les uns de la véritable croyance louchant la Trinité, tantôt il animait les autres par les promesses du royaume des cieux; et sa foi en recueillait une abondanie moisson^. »
Dans son ardeur de néophyte, dans son jaloux amour de l'orthodoxie, Hilaire fuyait les juifs et les hérétiques, et ne leur rendait même pas les civilités communes. Évéque, mûri par l'âge, éclairé par l'expérience des âmes, Hilaire se relâchera de cette rigueur, et usera même d'une exlême condescendance envers les semi-ariens.
« Je n'ai pas pensé, écrivait-il vers 36o, que