I. De Trinit.^ lib. XI, n
a. Ibid., lib. III, n. 7.
Digiti:
sion et sans division, attribuant les faiblesses à la nature humaine, le pouvoir d'en délivrer à la nature divine, le tout à Jésus- Christ*. » Sans employer le mot que la théologie devait consacrer plus tard, Hilaire a pratiqué cette communication des idiomes^ en vertu de laquelle on doit attribuer à Tunique personne du Verbe incarné les deux natures, divine et humaine, et les propriétés, les actions de ces deux natures^.
Mais, tout en affirmant en Jésus-Christ l'existence des deux natures, Hilaire n'a-t-il pas méconnu les conditions d'existence de la nature humaine, et, comme on l'a dit, côtoyé de près le docétisme, l'erreur qui dans la chair du Christ ne voyait qu'une chair apparente ? « Un reproché que l'on fait à saint Hilaire, et sur lequel on insiste, » écrit Dom Ceillier, « est d'avoir nié que Jésus-Christ ait été sujet à la faim, à la soif, à la crainte, à la douleur et aux autres passions humaines. On se fonde sur certains passages des écrits de ce Père.... ' » De fait, il y a dans l'œuvre d'Hilaire des textes d'une interprétation difficile. Des craintes et des souffrances endurées par le Sauveur, les ariens concluaient qu'il n'était pas Dieu et impassible par nature; Hilaire leur ré-
I. Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques^ Saint Hilaire y chap. i, art. xii.
a. De Trinit.y lib. IX, n. 5.
Digiti:
pond en demandant si Jésus a pu véritablement craindre. « Quelle terreur de la mort aurait-il ressentie, lui qui mourait dans sa pleine liberté? S'il s'agit des autres hommes, des causes extérieures, la fièvre, des blessures, des chutes, brisent le corps et hâtent le déclin, ou bien, c'est la nature elle-même qui, vaincue par l'âge, s'afiaisse dans la mort. Mais le Fils unique de Dieu qui avait le pouvoir de déposer sa vie et de la Reprendre, pour accomplir en lui le mystère de sa mort, après avoir bu le vinaigre, attesta que l'œuvre de sa Passion était consommée, et inclinant la tête, rendit son âme.... Il est mort parce qu'il l'a voulu : qui meurt par choix ne redoute pas la mort*. »
Mais les angoisses et la sueur de sang de Gethsemani? mais l'apparition de l'ange qui vient réconforter le Sauveur ? Hilaire doute de l'authenticité des deux versets de saint Luc (XXII, 43, 44)- « Nec sane ignorandum a nobis est, » écrit-il, tt et in grœcis et in latinis codicibus complurimis vel de adveniente angelo, i^el de sudore sanguinis nil scriplum reperirl^ ». D'après M. l'abbé Paulin Martin, le complurimis de saint Hilaire est une exagération. Sans doute, saint Ambroise qui a commenté le troisième Évangile garde le silence