‹ Saint HilaireChapitre 82 sur 101 · De Trinité, lib. X, n · texte numérisé non relu

De Trinité, lib. X, n

Digiti:

que le Sauveur a voulu boire, manger, verser des larmes*.

Il reste maintenant à cliercher la vraie pensée d'Hilaire. Don Ceillier s'attache à donner à cette pensée un sens pleinement orthodoxe. « Saint Hilaire », dit-il, « ne prétend autre chose, sinon que le Verbe divin n'a pas souffert dans sa propre nature, et que s'il a souffert dans la nature humaine à laquelle il s'est uni, c'a été volontairement*. » Tous n'ont pas jugé avec la même bienveillance la pensée du saint docteur; et, pour ne rien dire d'un écrivain du v® siècle, Claudien Ma mert, qui critiqua sur ce point la doctrine de l'évêque de Poitiers, Petau conclut par ces paroles sévères une argumentation savante : « ... Il ne faut pas écouter ceux qui prétendent qu'Hilaire parle de la nature divine et non de la nature humaine, lorsqu'il refuse au Christ le sentiment de la souffrance. [Summo^endi sunt qui Hilarium de divina^ non humana loqui natura^ cuni doloris sensum Christo detrahit^). »

Les nécessités et aussi les difficultés de la polémique, dans le passé comme dans le présent, expliquent des inexactitudes et des confusions qui nous étonnent d'abord. Les ariens ne se lassaient pas d'objecter aux orthodoxes les textes

Page 1