I. In Ps
Digiti:
L'éditeur de saint Hilaîre, Dom Constant, en fait la remarque : le mot jugement est susceptible de deux sens. Il signifie l'acte du juge qui prononce l'arrêt, il signifie aussi l'acte du juge qui instruit la cause. C'est dans le second sens seulement qu'on peut dire, avec saint Hilaire, que ni les vrais croyants ni les infidèles ne seront jugés, car leur cause n'a nul besoin d'être instruite. De ces derniers, l'ami d'Augustin et de Jérôme, saint Paulin de Noie a dit : « Ils porteront sur le front leur sentence de mort, parce qu'ils n'y porteront pas le signe du salut. » Constant résume la pensée d'Hilaîre en distinguant trois classes d'hommes : les justes qui, aussitôt après la mort, reçoivent leur récompense; les impies qui sont aussitôt frappés; et les chrétiens d'entre deux qui comparaîtront au jugement, incertains de leur sort. Mais, à vrai dire, et laissant ces vives figures de langage dont Hilaire a l'accoutumance, reconnaissons que d'après Ve saint docteur, le juste Juge prononcera son arrêt sur tous les hommes, a II les jugera tous; dans sa miséricorde, il tempérera le châtiment de ceux qui auront péché par ignorance ; quant à ceux qui l'auront renié, sa sentence consistera à les renier aussi \ » Donoso Cortès s'est rencontré avec l'évêque de Poitiers lorsque, dans une