‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 116 sur 305 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

i. Efforts des hérétiques pour pervertir et gagner à leur cause les enfants de saint Ignace : un faux novice démasqué. — 2. Conversion d'un jeune prédicant. — 3. L'apostat Bernard Ochino. — 4. Ligue de prières pour le retour de l'Anglelerre à la fol romaine.

Toutes ces œuvres, accomplies par lui-même ou par la main de ses compagnons, avaient rendu le nom d'Ignace célèbre dans toute l'Europe. Les hérétiques frémissaient de rage en le voyant déployer un drapeau qui ne leur promettait que des revers. Les uns, et c'était le plus grand nombre, usaient de leurs artifices ordinaires pour jeter le discrédit sur lui et sur les siens, et les représenter comme vendus au Pape, expliquant ainsi leur zèle à défendre la foi romaine ; les autres crurent plus sage de gagner à leur cause une Compagnie composée de tels hommes. Il ne fallait pour cela que faire pénétrer leur propre doctrine dans son sein, surtout à Rome, tout près du Souverain Pontife, centre duquel elle ne tarderait pas à se répandre dans tout l'univers.

L'invention de ce projet appartient à Mélanchton et à un autre hérétique de ses partisans. Quant à l'exécution, celui qui s'en chargea à ses risques et périls, fut un certain Michel, leur disciple, esprit très subtil, originaire de la Calabre. Il se rendit d'Allemagne à Rome, demanda à entrer dans la Compagnie, et après les épreuves ordinaires, il fut reçu. A le voir à l'extérieur, c'était un saint;

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