‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 149 sur 305 · LIVRE V. — CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE XIV

ver à la personne; tantôt je voyais d'une autre manière et avec moins de netteté....

» A la messe, nombreuses, très nombreuses interruptions, beaucoup de lumières sur la Très Sainte Trinité ; mon intelligence est si vivement éclairée, que de longues études, à ce qu'il me semblait, n'auraient pu m'en apprendre autant. Une autre fois, pendant mon oraison , grande dévotion , vives lumières , et consolations spirituelles qui tendaient à m'élever; puis, pendant la messe, très grande abondance de larmes; je perdis plusieurs fois la parole ; connaissances spirituelles si abondantes et de telle nature que je croyais presque n'avoir plus rien à comprendre au sujet de la Très Sainte Trinité. Pendant cette messe je connus, je sentis et je vis, Dominus scit , qu'en parlant du Père et en voyant qu'il était une personne de la Très Sainte Trinité, je m'attachais à l'aimer d'autant plus que les autres personnes étaient d'une manière spéciale en lui. Il en fut de même lorsque je priais le Fils et le Saint-Esprit, je jouissais de chacune de ces personnes; je leur faisais l'offrande de moi-même; j'étais heureux d'appartenir à toutes les trois. Cela me paraissait une si grande chose, que je ne cessais de me dire à moi-même : « Et qui es-tu? Que mérites-tu? D'où te viennent tant de grâces?.... »

» Disant la messe avec beaucoup de dévotion, de larmes et de ferveur, je perdis plusieurs fois la parole; il me semblait, en priant le Père, que Jésus lui présentait|mes prières et les accompagnait des siennes; tout cela se passait avec un sentiment et une vue que je ne saurais exprimer.... Comme j'étais auprès du feu, Jésus se présenta de nouveau à moi ; il s'offrit encore à mes yeux quand j'allais chez le cardinal de Carpi et que j'en revenais, et en plusieurs autres lieux : en le voyant, beaucoup de larmes et de grands mouvements intérieurs. Ce sentiment et cette vue m'embrasaient d'un tel amour, que rien au monde ne me paraissait capable de me séparer de lui.... »

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