‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 162 sur 305 · ESTIME DE FRANÇOIS XAVIER POUR IGNACE · texte numérisé non relu

ESTIME DE FRANÇOIS XAVIER POUR IGNACE

afin de leur conserver auprès des fidèles cette vénération qu'une exposition non interrompue mettrait en danger de se perdre tout à fait ou de s'afîaiblir.

« Quand j'entrai dans la Compagnie, dit le P. Philippe Aupolino dans une déposition faite sous serment, je trouvai Ignace en possession d'une telle réputation de sainteté , non seulement parmi nous , mais encore au dehors, que lorsque quelque affaire l'obligeait à sortir, une foule de gens se pressaient dans les rues pour le voir passer. Quant à nous qui jouissions de sa présence, nous le tenions pour un saint, jusqu'à porter suspendues à notre cou, comme de précieuses reliques, les rognures de ses ongles; et, pour les avoir, nous nous efforcions à l'envi de gagner les bonnes grâces du Frère qui le servait quelquefois. Des hommes graves et haut placés accouraient aussi du dehors en grand nombre, attirés par le parfum de sa sainteté, afin d'avoir la consolation de le connaître et de lui parler. Et, chose bien remarquable, à peine en pourrait-on citer un seul qui, après l'avoir entretenu, l'ait quitté sans être animé du désir de changer de vie ou de devenir encore plus parfait. Les personnes les plus affligées s'en retournaient consolées d'auprès de lui ; il leur avait suffi de le voir. »

■4. Ce que ceux de Rome faisaient des rognures des ongles du Saint, François Xavier le faisait de son nom. Il l'avait détaché du bas des lettres qu'il en recevait, et le portait sur sa poitrine avec un petit fragment d'os de l'apôtre saint Thomas. Ces reliques, dont il faisait faire l'application par la main des enfants, opérèrent une multitude de prodiges extraordinaires ; c'était sans doute parce qu'elles venaient de lui, mais c'était aussi parce que c'étaient des reliques de saints. Il s'efforçait un jour d'amener un des Pères qui partageaient ses travaux dans les Indes à se montrer plus facile aux ordres de l'obéissance et plus soumis aux prélats ; il ne trouva point de

Page 1