PREMIER CULTE RENDU A IGNACE
eût une apparence de culte. Un jour, on retira jusqu'à sept lampes qu'une personne inconnue du dehors y avait placées, sans doute en ex-voto.
Mais enfin la fermeté du P. Aquaviva dut céder devant la piété des deux plus illustres membres du Sacré-Collège, les cardinaux Baronius et Bellarmin. C'était en 1399. Le jour de l'anniversaire de la mort d'Ignace approchait. Le cardinal Bellarmin pour ranimer en lui-même et dans nos Pères de Rome les sentiments de pieuse tendresse qui étaient dus au saint patriarche, s'offrit à faire une exhortation domestique aux Nôtres devant son tombeau. Le cardinal Baronius l'ayant appris, voulut y assister et honorer aussi lui-même les vertus et la mémoire de celui que saint Philippe de Néri , son père , avait en maintes occasions, salué et vénéré comme un saint. Le discours répondit au sujet et fut digne de l'orateur. Bellarmin parla des vertus et des mérites d'Ignace ; il montra qu'on retrouvait en lui tous les caractères de la sainteté la plus éminente; puis, en homme parfaitement instruit de tout ce qui concerne les rites sacrés, il en tira cette conséquence que rien ne lui manquait de ce qu'il fallait pour être canonisé.
Ces paroles réjouirent et émurent merveilleusement tous les cœurs, et surtout celui du cardinal Baronius. L'exhortation terminée, on vit ce grand homme se jeter à genoux devant le tombeau d'Ignace, et après avoir prié longtemps, baiser à plusieurs reprises la terre qui recouvrait ses reliques. Puis, se relevant et se tournant vers les Pères, il leur dit, en propres termes, qu'il était venu pour écouter et non pour parler, mais que le discours du cardinal Bellarmin avait produit sur lui l'effet des eaux d'un fleuve qui mettent en mouvement les meules d'un moulin, pesantes et immobiles par elles-mêmes; et refaisant à son tour l'éloge des vertus et de la perfection d'Ignace, il demanda aux Pères pourquoi ils n'avaient pas mis son image sur le tombeau; il les reprit doucement de cette