POSSÉDÉE : DÉLIVRANCE ET CONVERSION
au démon, les uns spontanés, les autres arrachés par les exorcismes : ainsi les Jésuites d'Ostrog étaient ses plus mortels ennemis ; il s'efforçait de les rendre odieux pour empêcher le bien qu'ils faisaient ; il avait une fois essayé de mettre le feu au collège ; déjà la flamme s'était attaquée aux chambres des domestiques, mais il n'avait pu agir si secrètement qu'on n'accourût à temps pour l'éteindre; il avait tenté de pénétrer dans les cellules des Pères, pour y faire tout le mal possible ; mais Marie et Ignace l'avaient repoussé. En preuve de son assertion, il détailla minutieusement à un Père tout ce qui se trouvait dans sa chambre, et l'ordre dans lequel toutes choses étaient rangées. Il ajouta que si un certain cierge destiné à la prochaine fête de la Chandeleur n'avait pas été si près du crucifix, il l'aurait mis en pièces.
A l'heure où on célébrait les messes dans notre église pour cette femme, le démon poussait par sa bouche des hurlements étranges; il s'écriait avec épouvante : « Maintenant, on élève le Très-Haut. »
Le jour fixé pour l'exorcisme solennel fut celui de la Purification de la sainte Vierge, et le lieu choisi fut notre église. Les hérétiques avaient demandé que la cérémonie se fît chez eux et en secret; on le leur refusa. On devait à leur secte cette confusion publique, et à la foi romaine ce témoignage éclatant de son pouvoir sur les démons. La possédée fut amenée dans l'église, étroitement liée, et conduite de force par plusieurs hommes devant l'autel de la sainte Vierge et celui de saint Ignace. Elle se mit alors à rugir comme un lion, et poussa des cris qui jetèrent l'épouvante parmi le peuple accouru à la cérémonie. Avant de commencer les prières, le Père Recteur adressa quelques mots à la foule pour l'exhorter à la contrition ; on lui répondit par des larmes et par l'expression des sentiments de dévotion les plus touchants.
Le démon, adjuré de dire qui il était, et comment il s'était emparé du corps de cette femme, répondit après