‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 37 sur 305 · LIVRE IV. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE VI

grande partie l'administration de la Compagnie qu'il lui avait confiée peu auparavant, tant il était persuadé que pour ruiner tout un Institut, il n'est besoin que de commencer. Si l'un juge à propos de faire un changement parce qu'il l'estime utile, un autre voudra user du même droit pour des raisons non moins bonnes, et ainsi se désagrégera peu à peu ce qui ne peut se maintenir que dans son intégrité, et dans l'union harmonieuse de toutes les parties. Ces conséquences échappent aux particuliers qui n'ont pas été éclairés des lumières communiquées aux fondateurs; mais elles sont d'autant plus inévitables que les règles inspirées à ceux-ci par l'esprit de Dieu sont remplacées par des lois humaines.

Saint Ignace était si prévoyant et si jaloux en cette matière, qu'il ne négligea rien pour établir une espèce de pratique reçue, même en des choses de peu de conséquence; afin que ses successeurs trouvant des usages déjà en vigueur, n'eussent pas l'occasion d'introduire des nouveautés. C'est cette préoccupation qui le détermina, dans un moment d'extrême pauvreté, à acheter une maison de campagne pour les malades et les étudiants du Collège Romain. Il voulait, dès ces premiers temps, fixer la manière dont on devrait en user après lui. Aussi disait-on qu'il n'y avait alors qu'un seul Supérieur dans toute la Compagnie, le gouvernement de tous étant si uniforme qu'il semblait être le gouvernement d'un seul et même Supérieur.

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