‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 47 sur 305 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

pouvait se faire sans offense de la divine Majesté, et sans aucune faute de la part du prochain, ils voudraient souffrir des affronts, des faux témoignages et des injures, être regardés et traités comme des insensés, sans toutefois en avoir donné sujet, tant ils ont de désir de se rendre semblables à Notre Créateur et Seigneur Jésus-Christ, de rimiter en quelque façon et de prendre ses livrées, puisque lui-même les a portées pour notre avancement spirituel et pour nous donner l'exemple, afin qu'avec le secours de la grâce divine, nous tâchions de le suivre et de l'imiter, autant que possible, puisqu'il est la voie qui conduit les hommes à la vie. Qu'on demande à ceux qui se présentent s'ils sentent en eux-mêmes des désirs si salutaires et si utiles à la perfection des âmes (1). »

Ignace s'est inspiré le premier de ces belles leçons; son exemple, les motifs sur lesquels il les appuie, le modèle divin qu'il nous présente, sont les règles d'après lesquelles nous avons à nous diriger à notre tour. Cette perfection est si sublime, son acquisition si héroïque, que le P. Lainez, religieux d'une très profonde humilité , n'hésite pas à confesser qu'ayant entendu un jour le Saint exposer ses sentiments sur la connaissance et sur le mépris de soimême, il dut se déclarer impuissant à s'élever à ces hauteurs, où il n'arrivait pas même par la pensée. Aussi s'humiliait-il de ne pas savoir s'humilier. Toutefois ce n'est pas encore, au sentiment de saint Ignace, le dernier terme de la perfection de cette vertu. Il est placé plus haut, en un point au delà duquel il ne me paraît pas possible de monter, je veux dire au sommet des trois degrés d'humilité décrits par le Saint, et dont chacun est meilleur et plus parfait que l'autre.

« Le premier de ces degrés, dit saint Ignace, est nécessaire au salut. Il consiste à me soumettre entièrement à l'observation de la loi divine, en sorte que pour rien au monde, quand on m'offrirait le domaine de l'univers,

(1) Exam. gêner, c. iv. n. 44.

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