‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 53 sur 305 · IGNACE VEUT RENONCER AU GENERALAT · texte numérisé non relu

IGNACE VEUT RENONCER AU GENERALAT

nouveau supérieur, avec de bonnes intentions sans aucun doute, s'était montré disposé à introduire des changements dans les Constitutions. Ignace ne pouvait pas tolérer cela; il avait reçu les Constitutions de Dieu, il voulait les transmettre intactes à ses successeurs.

Un homme si éloigné d'ambitionner l'honneur d'être Général de la très petite Compagnie de Jésus, devait l'être beaucoup plus, on le comprend, de désirer au dehors des dignités ou des prélatures. Le marquis d'Aguilar, ambassadeur de Charles-Quint à Rome, et un cardinal lui dirent un jour, par manièï'e de plaisanterie, qu'on le soupçonnait, sous le couvert de la sainteté et du zèle pour les intérêts du Saint-Siège, de chercher secrètement à se concilier la faveur du Souverain Pontife, afin d'en obtenir le chapeau. A ces paroles, une sorte d'indignation éclate dans ses traits; il se lève^ se découvre, et sans rien dire pour se justifier, il fait le signe de la croix, et en face du ciel, il prononce à haute voix le vœu de ne jamais accepter de dignité, à moins d'y être contraint sous peine de péché mortel.

Quant à ses œuvres si importantes et si durables en faveur des âmes, il avait soin de n'en laisser rien rejaillir à sa gloire. Dès qu'il les avait fondées et conduites à un point où il ne leur manquait pour être entièrement achevées qu'un certain perfectionnement extérieur, il avait soin de les confier à d'autres, afin qu'on leur en attribuât tout le mérite. Il ne se réservait à lui-même que les ennuis et les fatigues. Les peines qu'il se donna furent quelquefois si grandes, et il dut les soutenir si longtemps , que tout autre, animé d'un moins grand cœur et d'un moindre zèle pour la gloire de Dieu, ou n'eût pas entrepris ces œuvres, ou les eût promptement abandonnées.

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