‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 54 sur 305 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. A mesure qu'il est comblé de plus de grâces, saint Ignace s'humilie davantage. — 2. Il est maître dans la science de l'humilité. — 3. Il dissimule son humilité elle-même.

1. Tout ce que je viens de dire des humbles sentiments de saint Ignace et de son mépris pour lui-même n'égale pas, à mon avis, cette sorte d'impassibilité, qui, au milieu de tant de faveurs signalées dont Dieu ne cessa de le combler pendant les trente-cinq années qui suivirent sa conversion, ne lui laissait pas éprouver la plus légère tentation d'amour-propre. Loin de là; les apparitions de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère , les ravissements d'esprit, les extases prolongées pendant plusieurs jours; les visions où il découvrait tout ce qu'un homme, encore voyageur, peut connaître de la Très Sainte Trinité; les lumières données à son intelligence pour pénétrer les plus profonds mystères; l'affluence des consolations célestes qui lui faisaient répandre tout le jour de très douces larmes ; son union avec Dieu, union si intime qu'il se fondait d'amour, et fut plus d'une fois en danger de perdre a vie ; toutes ces grâces et tant d'autres dont nous avons déjà parlé ou que nous rappellerons encore dans ce livre, tout était pour lui le sujet de la plus extrême confusion. Il n'y voyait qu'un motif de se considérer comme un homme misérable, dépourvu de toute force spirituelle, puisqu'il avait besoin, pour se soutenir, de secours si

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