PAUVRETÉ D IGNACE
collèges étaient obligés à ce serment par un règlement da P. Lainez; c'est seulement en ce sens que le P. Lainez en fixa l'époque ; car pour le serment lui-même, il était en usage du vivant même de saint Ignace, et nous conservons encore celui que le P. Jean Pelletier, Recteur du Collège Romain, donna par écrit en 1551. Conformément à cette règle, saint Ignace abandonna au Collège Romain un riche cadeau de cire que les Pères de Palerme avaient fait à la maison professe. D'après la même règle encore, si la maison professe avait quelquefois besoin, pour un malade, d'un flacon de vin, il ne permettait de l'accepter du collège qu'à titre d'échange, c'est-à-dire, à condition qu'on en rendrait une quantité égale de celui de la maison. A ce propos, il répétait souvent qu'entre les maisons professes et les collèges il y a un grand abîme « magnum chaos. »
Les profès s'engagent par un vœu particulier à maintenir toujours dans sa rigueur la pauvreté de la Compagnie, ou, s'il est besoin de la modifier en quelque chose, à la resserrer encore davantage. C'est le premier de leurs vœux simples. ^ « Je promets à Dieu tout puissant, de ne jamais rien faire en quelque manière que ce soit, et de ne jamais consentir à ce qu'on pourrait faire, pour changer ce qui a été établi dans les Constitutions de la Compagnie par rapport à la pauvreté, si ce n'est que de justes motifs l'exigeant ainsi, il parût bon de la restreindre davantage, Promitto Deo omnipotenti, nunquam me acturum quacumque rationc, vel consensurum, ut quœ ordinata sunt circa paupertatem in Constitutionibns Societatis, immutentur ; nisi quando ex causa justa rerum exigentium, rideretur paupertas restringencla magis.
3. Le tendre amour de saint Ignace pour la pauvreté n'avait d'égal que sa joie d'en goûter les fruits. Du jour où il embrassa la croix de Jésus-Christ, il se dépouilla de toutes choses. On le vit dès lors, comme nous l'avons ra-