‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 84 sur 305 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

i. Vertus jmbliques de saint Ignace : observation préliminaire. — 2. Son zèle pour le salut des âmes. — 3. Étendue de ce zèle. — 4. Il veut être informé de tous les travaux des siens.

1. Après avoir parlé des vertus privées de saint Ignace, il reste à dire quelques mots de ses vertus publiques. Mais je crois utile de faire auparavant une courte réflexion qui ne m'a pas paru sans importance. Si dans l'acquisition des vertus, Ignace n'avait eu en vue que son intérêt personnel; si, sans s'occuper des autres, il se fût uniquement adonné à sa propre sanctification, les hommes l'entoureraient d'une vénération incomparablement plus grande. Car ne sachant pour la plupart ni goûter les choses de Dieu ni en juger sainement, ils sont hors d'état de les apprécier selon leur excellence propre. Ce qui est plus extraordinaire ou ce qui semble plus difficile, voilà ce qu'ils estiment davantage.

Comme chacun s'aime soi-même et est extrémemenl sensible à ce qui flatte la chair, on ne peut voir maltraiter son corps par les rigueurs d'une pénitence excessive, sans penser que c'est le plus sublime degré de la sainteté ; et rien n'excite plus vivement l'admiration. Si saint Ignace avait passé les trente-cinq années qui suivirent sa conversion dans les austérités qu'il avait pratiquées à Manrèse ; s'il y avait même encore ajouté, à mesure que grandissaient en lui les ardeurs de la charité, quelles

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