‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 87 sur 305 · LIVRE V. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE VI

fices et entasser les ruines. Arte sua usiiros passini stragenique daturos. Mieux inspirés, les auditeurs du tribunal de la Rote appelèrent Ignace du nom d'Apôtre, justement mérité par son zèle; ainsi autrefois le Vénérable Bède avait salué le Pape saint Grégoire du titre glorieux d'Apôtre de l'Angleterre, pour avoir envoyé l'évêque saint Augustin, et plusieurs religieux avec lui, convertir au christianisme les peuples barbares de cette contrée.

3. Pour se rendre compte de ce que coi^ta à saint Ignace l'établissement d'un Ordre religieux, destiné à être l'héritier de son esprit et à continuer ses œuvres, il est bon de se remettre devant les yeux ce que nous avons raconté dans les deux premiers livres de cette histoire, les accusations, les emprisonnements, les persécutions de toutes sortes soulevées contre lui par les puissances de l'enfer. L'esprit de ténèbres, en effet, prévoyant le mal que devait lui faire le nouvel Ordre, s'employa de toutes ses forces à l'étouffer d'abord, et ensuite à en arrêter les progrès. Qu'on se rappelle encore les études que la même pensée fit entreprendre au Saint et soutenir pendant de si longues années, malgré tous les obstacles dressés devant lui pour décourager sa persévérance, l'extrême pauvreté, les maladies continuelles et les entraînements inopportuns de la dévotion. Le zèle des âmes lui fit tout accepter, et par amour pour elles, il se soumit à ce rude noviciat. Aussi dans sa relation au Pape Grégoire XV, le cardinal del Monte put dire avec vérité, que pour les âmes, Ignace ne refusait ni travail, ni incommodités, ni veilles, ni douleurs du corps, ni afflictions, nullum earum causa laborem, nullas incommoditates, nullas vigilias^ aut corporis dolores, afflictatmiesque recusabat.

Il n'est aucune manière de secourir le prochain, si difficile ou périlleuse qu'elle fût, qu'il n'ait embrassée avec ardeur et dont il n'ait fait un des ministères propres de son Institut. Il se considérait comme le débiteur de tous ;

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