‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 117 sur 396 · Id., n · texte numérisé non relu

Id., n

comme eux, d'etre juge digne d'etre eouvert d'affronts pour Jesus- Christ.

Nous aimerions savoir quelle attitude auraient eu, en face de tels prisonniers, les plus celebres professeurs de TUniversite, Francois de Vitoria, Vazquez de Oropesa, Alonso de Cordoba, Pedro de Astudillo, Hernan Nunez de Guzman. Mais aucun echo de leur pensee n'est venu jusqu'a nous. Retenons seulement les noms de Melchior Cano et de Juan Martinez de Siliceo; le premier etait e"tudiant au couvent de Samt-Ofitienne ; le second sera archeve'que de Tolede; tous deux seront violents ennemis de la Compagnie; il est probable que leur opinion contre Ignace date de Salamanque 1 .

Tandis qu'Inigo et ses compagnons etaient enfermes, il advint que tous les malfaiteurs de la prison commune r6ussirent une belle nuit a s'e'chapper. Caceres et Arteaga auraient pu fuir avec les autres; ils resterent. Le matin, les gardiens les trouverent seuls dans la salle, toutes portes ouvertes. Une pareille fidelite fit Fadmiration de tous. On en park hautement dans la ville. Et, pour recompenser une vertu si rare, les juges deciderent d'assigner pour geole aux inculpes un palais voisin 2 .

Au bout de vingt-^deux jours, comme nous 1'avons dit, la cause etait sufHsamment eclairee aux yeux du tribunal, pour que la sentence put etre portee. On appela les prisonniers pour Pentendre. La voici resumee par Inigo..Elle disait qu'il ne se trouvait aucune erreur ni dans la vie, ni dans la doctrine; et qu'ainsi les prisonniers pourraient continuer selon leur coutume a enseigner le catechisme et a parler des choses de Dietl ; sauf a ne point determiner : ceci est le peche veniel, ceci est peche mortel, avant que d'avoir etudie pendant quatre ans encore 3 - La sentence notifiee, les juges montrerent beaucoup

1. Melchior Cano a fait sa profession au Couvent de Saint-Etienne le 19 aout 1524, il faisait ses Etudes encore en 1527 (Justo Cuervo, I, 248). Juan Martinez de Siliceo etait professeur de philosophic naturelle en 1527 (Esperabe Arteaga, op. cit., II, 203).

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