A. Renaudet, op. cit
tionnel Montaigu, que les maitres puissenfr suivre des grammaires autres que le Doctrinal en vers d'Alexandre de Villedieu et le Grecisme d'fiverard de Bethune, dont la fortune datait du moyen age 1 . Ni le principal Pierre Tempete, ni le principal Jean Hegon ne s'aviserent certainement de changer quelque chose au plan d'etudes de grammaire que Noel Beda avait elabore 2 , en 1509, distribuant en sept classes ['explication du Doctrinal.
Ce plan prevoyait que chacun des regents, parallelement au commentaire du Doctrinal, devait expliquer un prosateur et un poete. Or, les libraires parisiens du xvi e siecle editent les plus; grands auteurs: de la. Rome antique. Giceron surtout est enfaveur : lettres, discours, traites, sortent a 1-envi des presses, laissant bien=loin-en arriere les Decades de Tite-Live, les. Gommentaires de Cesar, les Lettres de Pline. Virgile, Ovide, Horace, sont balances par Perse et Terence. Malgre leur amour du moyen age, les maitres d'Inigo avaient peutr-etre. fait une place; dans leurs le?ons, a ces textes. classiques; Quant auxlexiques, il parait clair que les ecoliers avaient a leur disposition uniquement les vieux dossiers, compiles par les Lombards, PapiaSj 1'eveque Ugoccio et le dominicain Jean de Raguse, pour aider les clercs a dechiffrerc les monuments de Tantiquite chretienne. Estienne n'imprimera se& dictionnaires qu'en 1530 et 1531.
Pour s'initier a la rhetorique, Inigo eut sans doute les gloses de ses maitres sur Aristote ou Boece, a moins qu'il n'ait pref6re lire VIsagoge de Raymond: Lulle 3 .
Inigo etudia-t-il le grec a Montaigu ? C'est peu probable.
1. Ch. Thurot, De Alexandri de Villadei DoctrinaK, Paris j Dezobry,
2. Une copie de ce Reglement de 1509 est k la Bibl. de 1'Arsenal, ms. 1 1 68. Dans les Additions et corrections ajoutees a sa these De V organisation de V enseignement a TUniversite de Paris au moyen age, Thurot (11-13) a r^sum^ les prescriptions de Beda.
3. Ant. Renouard, Annales de Vimprimerie ; Philippe Renouard, Bibliographie des impressions de Jone-Badius; Bibliographic des editions de Simon Colines, passim.
L'enseignement de cette langue a Paris a bien recommence a u, milieu du xv e siecley mais il y a eu de nombreuses intermittences. Gregprio: le Tiphernate et Jerome Aleandre sont des meteores qui passent. Au college du Cardinal Lemoine et a Sainte-Barbe, il. y a quelque chose; ailleurs, rien. Lefevre d'^taples,, qui a edite, tant.de traites d'Aristote, le fait en latin. Les fame.ux commentaires de Guillaume Bude sur la langue grecquerme par-aitront que dans 1'ete de 1529.;; les caurs des lecteurs royaux sur les langues anciennes^ qui provoqueront tant d' emotion a la Facultis des Arts et a la; Sonbonne, ne commenceront qu'en mars 15.30;. ^ y a bi en quelques auteurs grecsj qui apparaissent en? librairie,. mais fort discretement; Platon, Aristote^, Thucydide,- Lucien^sont habilles en latin; le Savoyard; Claude de Seyssel met en francais Xenophon et Diodore de Sicile; Si jamais Inigo de Loyola a etudie le grec,. ce ne sera qu'avec Pierre Le Fevre,, a Sainte-Barbe.. De Montaigu, il n'emportera- probablement qu'un bagage de latinite, ou Phumanisme avait assez , peu; de: part. .
C'est a;l'automne de. I529:qu'il passa a> Sainte-Barbe pour y suivre levcours des Arts*.
Sainte-Barbe 2 , en 1529, est une sorte de fief portugais dans 1'Universite de Paris. Le principal,, Diego de Gouvea;, est fermier du: college, depuis, 1520;; sur sa:demandej le-roi Jeanlll y a fonde 50 bourses, pour les sujets de son rroyaume;. Les neveux du; principal Martial* Andre,. Antoine de Gouvea dominaient,. par, leur talent, leurs emules; portugais, espagnols et. franfais. Diego de Gouv.ea, encore qu?il ait ete^ represente par Henri Estienne comme un ignorant, eutau moins le merite d'allumer dans son college, les plus belles; ardeurs pour les lettres et: la philosophic.
Montaigu.et Sainte-Barbe n'etaient separes-que par 1'etroite rue SaintfSymphorien ou; des Chiens. En 15-22, il y cut, entre Montacutiens et Barbistes, un combat epique, raconte dans un
1. Abel Lefranc, Histoire du College de France, 31, 98, 102, 109; Louis Delaruelle, Guillaume Bude, Paris, Champion, 1907, 43-45.