J. Quicheraf, Histoire de Sainte-Barbe, I
mechant poeme intitule Barbaromachia. Get episode est le symbole de la rivalite des deux maisons dans le domaine de 1'enseignement. Quoique conquis aux theories nominalistes, Montaigu est plus hostile au mouvement de la Renaissance. A Sainte-Barbe, Mathurin Cordier, Louis d'Estrebay, Georges Buchanan, Antoine de Gouvea, renouvellent 1'enseignement des langues anciennes et font pnetrer 1'humanisme. Jean Gelida (de Valence) aide de son genial domestique Guillaume Postel, Jean Fernel (de Montdidier) et plus tard leur eleve Antoine de Mouchy, dit Demochares, font effort pour elargir les vieux moules de la philosophic scolastique.
En dehors de PUniversite, commencent en 1530 les lemons des lecteurs royaux 1 , premiers maitres de ce qu'on appela plus tard le College de France. Us enseignent les langues anciennes selon les methodes des plus fervents humanistes d'Allemagne et d'ltalie; au surplus des Italiens sont meles aux Franais dans ce corps professoral nouveau.
Comme ces professeurs, faute d'un edifice unique, font leurs cours au college des Trois fiveques, a celui du Cardinal Lemoine, a celui des Lombards, a celui de Fortet, la jeunesse de ces ecoles est plus ou moins entrained vers les methodes nouvelles. Les livres et les Ie9ons de Le Fevre d'litaples ont jadis ebranle le college du Cardinal Lemoine et de Navarre : la on se pique d'humanisme; on cherche la pensee d'Aristote dans ses ecrits; on demande a son texte original le sens de 1'Iicriture; on entend renover la theologie elle-meme, en ecoutant, par dela le bruit des glossateurs scolastiques, les echos du pseudo-Denys, de saint Jean Damascene et des Peres de 1'figlise, sans parler de Raymond Lulle et de Ruysbroeck 2 .
Sous Tinfluence du vieux professeur Jean Major et de rexprincipal Noel Beda, qui doublent Tune par 1'autre, 1'obstination ecossaise et la resolution picarde, Montaigu demeure ancre dans la tradition ancienne. Entre 1'arriere-garde de Mon-