A. Lefranc, op. cit
2. A. Renaudet, op. cit.y'zSi, 374~37 8 > 474. 482-485, 487-498, 621.
taigu et 1'avant-garde de Navarre, Sainte-Barbe tient la place d'un corps de milieu qui passerait volontiers en premiere ligne.
Au temps d'Inigo de Loyola, le cours des Arts dure trois ans et demi. Chacune de ces trois annees a son regent. Les eleves s'appellent summulistes, logiciens, physiciens : noms tir^s du principal de leurs occupations successives. Aristote demeure le maitre par excellence, que les professeurs les plus fameux s'honorent de commenter. Comme le marque expressement le reglement 1 du cardinal d'Estouteville (1452), dans ses articles concernant la Faculte des Arts, si la dialectique est un grand point des etudes, elle n'est pas tout; la metaphysique, 1'ethique, doivent y avoir une part notable, avec quelques elements de mathematiques et de cosmographie.
Un peu avant qu'Inigo de Loyola abord^t PUniversite de Paris, le college Sainte-Barbe avait connu le triomphe du Valencien Juan de Celaya, et du Picard Jean Fernel. Le premier, en interpretant Aristote, se vantait de concilier ensemble Thomas d'Aquin, Scot et Occam; pouvait-on moins attendre de celui qui s'appelait le Docteur tr&s rfcolu? Le second avait ouvert des le?ons de cosmographie qui etaient des evenements. A deTaut de leur personne, leurs ouvrages restaient. Peut-etre Inigo prit-il le temps de les feuilleter. II n'a nomme qu'un seul de ses maitres, le docteur Juan Pena, qui 1'initia aux secrets de 1'arbre de Porphyre. Malheureusement, quand on a cite ce nom, il faut s'arreter, ignorant tout du personnage. Le Valencien Juan Gelida, avec son fameux domestique Postel, avait dej& 6migr6 au college du Cardinal Lemoine; Inigo a du en entendre parler, mais il n'a pas etc son disciple. Peut-etre a-t-il connu a Sainte-Barbe le Portugais Jean Ribeyro, admirateur passionne de Celaya 2 .
Celaya n'etait pas le seul commentateur d' Aristote, il y avait aussi Lefevre d'Etaples, Fra^ois Vatable, Leonique Thome.