Ep. et instr., I
de 1'eveque de Lisieux une belle statue en vermeil, et de ses mains, aide du prelat, il la mit au lieu ou etait auparavant 1'image mutilee; tandis que le clerge chantait 1'antienne Ave Regina Ccelorum, le roi, a genoux, versait des larmes et priait devotement. L'antienne et les oraisons achevees, il deposa dans la niche, son cierge et celui du cardinal de Lorraine et ferma lui-mme la grille qui devait proteger la statue, si solennellement inauguree. A un pareil spectacle, comment un fils de 1'Espagne, un pelerin de Notre-Dame de Montserrat, n'aurait-il pas etc remue jusqu'au fond de Iui-m6me ? Comment ce parti pris de toute une capitale, en faveur des devotions traditionnelles, n'aurait-il pas mis en son cceur, s'il en cut etc besoin, la detestation des laches complaisances de certains humanistes consentant a abolir le culte des saints?
Plus haut encore que les manifestations eclatantes de la rue des Rosiers, le concile de Sens 1 , proclamait la fidelite de 1'figlise gallicane aux antiques croyances. Les canons de I'Assemblee d'eveques et de docteurs, presidee par Antoine Duprat, archeveque de Sens et chancelier de France (3 fevrier 1527, septembre 1528), sont une veritable esquisse des canons du Concile de Trente. II n'est pas sur qu'Inigo de Loyola ait lu toutes les brochures de polemique echangees entre Beda et firasme, mais il a certainement lu les Actes du Concile, publics chez Colines en 1529, par les soins de Clictove, avec une preface au roi, une exhortation au lecteur, et un sommaire des verites catholiques opposees aux erreurs de Luther.
Les decrets conciliaires signalent 1'erreur a 1'attention des catholiques. Reste a en arreter les progres par la condamnation des ecrits et des hommes qui les repandent. C'est a quoi pourvoient les decisions de la Sorbonne et les arrets du Parlement 2 . Le Parlement ordonne le supplice de Berquin (17 avril