Scr. de S. Ign., II
3. Ibid., II, 186, 195, 204, 208, 211, 216; Gonzales de Camara, n. 87*
4. Id., n. 88; Scr., II, 184, 191, 196, 199, 205, 208, 216, 233.
foule, et les parents avec les enfants; et Martin Garcia fut comme les autres, Tun des auditeurs de ces preches si nouveaux a Azpeitia. Apres avoir explique les choses, articles du symbole ou commandements de Dieu, le catechiste questionnait, pour s'assurer que Ton avait compris. II advint parfois que les repondants etant mal assures, ou begues ou disgracies d'autre sorte, les enfants et meme les grandes personnes ne pouvaient s'empecher de rire. Inigo reprenait severement ces moqueries deplacees; pour retablir 1'ordre et la charite, il lui suffisait de menacer les rieurs de mesurer leur propre science.
A cet exercice de patience et de zele, Inigo ajoutait de pieuses exhortations, le lundi, le mercredi et le vendredi de chaque semaine, pour les grandes personnes. Dans cette ville d' Azpeitia ou sa famille etait depuis des siecles la principale, on ne se lassait pas d'accourir, pour le voir et 1'entendre. La chapelle de Sainte-Madeleine devint vite trop petite pour contenir tout ce peuple. Et rhomme de Dieu les evangelisait en plein air, du seuil de la maison. II lui arriva de monter le dimanche ou les jours de fete dans la chaire de 1'eglise paroissiale. Mais il semble que ces sermons solennels furent plutot des actes de complaisance "auxquels il se plia rarement. II preferait le simple parler evangelique au hasard des rencontres, et les catechismes de Thopital 1 .
Quelques jours apres son arrivee, il parla du haut d'un arbre a une foule immense. Parmi les chapelles nombreuses semees dans la campagne du pays, il en est une situee pres de la route
i. Gonzales de Camara, n. 88; Scr., II, 202, an, 214, 217, 225. Dans 1'ouvrage dont j'ai deja parie, Adolphe Coster a consacre" bien des pages (op. cit., 175-246) a Papostolat azpeitien d'Ignace. II apporte a cette partie de son travail la m6me fantaisie d'argumentation que dans le reste. Pour des raisons, ge'ne'ralement d'ordre psychologique, il recuse ou modifie un te"moignage, selon ses preferences personnelles. A chaque coup, sa discussion est mal conduite. Rien ne serait plus facile que de le montrer en detail. On a assure que Coster avait toutes les qualites d'un juge d'instruction . C'est exactement le contraire qu'il faudrait dire. Dans son petit volume San Ignacio en Azpeitia, le P. Arre"gui a mieux vu les choses, et merite beaucoup plus de confiance. Mais ses recherches ont ete incompletes.
LE SANCTIFICATEUR D'AZPEITIA . 217
royale d'Azpeitia a Tolosa, et qui porte le litre de Notre-Dame de Elosiaga. Par une coutume ancienne, les gens du pays aimaient a mettre sous la protection de cette Madone les pactes d'amitie, les pardons et les reconciliations. Tous les ans, la ville d'Azpeitia venait la processionnellement le premier jour des Rogations. Inigo y suivit ses compatriotes. Le concours etait considerable. On le pria de precher. Pour se faire entendre et contenter tout le monde, il monta sur un prunier, qui se trouva la plante bien a propos et dans un endroit commode; de la il harangua la foule. Selon sa coutume, il parla avec force du respect du a la loi de Dieu. Un des points qu'il toucha etait relatif aux coiffures des femmes. Beaucoup de femmes pleurerent, touchees de componction 1 .
Nous savons par Inigo lui-meme la raison de ces larmes. Laissons-le parler. Les jeunes filles, dans ce pays, vont toujours tete nue et elles ne se couvrent que lorsqu'elles se marient. Mais il y en a beaucoup qui se font concubines de prtres ou d'autres hommes, et leur gardent fidelite comme si elles etaient leurs femmes, et elles se coiffent comme les mariees. Et cela est si commun qu'elles n'ont pashonte de dire qirelles se voilent la tete pour un tel . On voit les consequences de cette impudeur, et si le zele apostolique d'Inigo, sur le prunier d'Elosiaga, avait motif de tonner centre certaines coiffures 2 .
II ne se contenta pas de parler. II mit le corregidor d'Azpeitia de moitie dans 1'entreprise reformatrice. Le magistrat, sur sa priere, decida de chatier les femmes perdues qui affecteraient de porter la coiffure des femmes mariees 3 . Le mal etait ancien. En consultant les vieux papiers de la ville, le corregidor aurait trouve telle ordonnance d'Isabelle et de Ferdinand, signee en 1484, visant ce mauvais cas et organisant, pour extirper le mal, une procedure rapide; au premier delit, un marc d'argent d'amende, et bannissement pour une annee hors de la juridiction d'Azpeitia; a la recidive, encore un marc d'argent