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II n'est pas impossible que provoque a un serieux examen de conscience par Inigo, qui 1'exhortait a donner a ses enfantvS, a ses serviteurs, a toute sa maison, de bons exemples, Martin Garcia ait conclu a finir les honteux demeles qu'il avait avec le monastere des Isabelitas. Les choses etaient allees tres loin. Perez Lopez de Loyola d'abord, et puis Thomas de Heguibar, avaient fait de leur personne le voyage de Rome pour soutenir les droits du patron et obtenir sentence, en. trompant la Rote par des allegations fausses. Comme tout cela s'ecartait du parfait service de Dieu auquel Inigo exhortait son frere ! En tout cas, il y a a noter un projet d'accord en 23 articles ecrit de la main de Martin Garcia, en date du 23 decembre 1533; en 1534, il donne ordre a son procureur a Rome, le bachelier Juan Costaroz, de suspendre toute action judiciaire; le
27 mars 1535, il dresse un nouveau memoire de conciliation en
28 articles, pour terminer ses discussions avec les Isabelitas. Un mois apres, le provincial des Franciscains de Burgos autorise la superieure du monastere de la Conception a conclure un accord avec le recteur, les clercs et patrons d'Azpeitia, meme au prix d'une renonciation a des droits certains, si un ou plusieurs arbitres en jugent de la sorte. Que la main d'Inigo fut ou non dans ces preliminaires, il est clair qu'ils facilitaient un rapprochement; 18 jours apres son arrivee, Inigo avait la joie de signer 1'acte notarie qui reglait une querelle vieille de plus de trente ans.
II s'agit, on le devine, des rapports qui devaient exister entre Teglise paroissiale et la chapelle du monastere. Au rnepris des bulles apostoliques et du droit privilegie des franciscaines, le patron lai'que de Teglise et du monastere entendait priver celui-ci de ses droits positifs; les offices, les sermons, les funerailles, les baptemes, les fiangailles, organises dans la chapelle, etaient regardes, par ce zelateur jaloux des droits curiaux, comme une breche a la dignite et aux profits de 1'eglise paroissiale. L'histoire ecclesiastique est pleine, en tout pays et en tout temps, de ces combats ridicules, ou les homines consument Jeurs forces, avec un entetement qu'ils ne savent pas
mettre aux grandes entreprises. Le 18 mai 1535, dans le monastere des Isabelitas, tout le clerge d'Azpeitia et toutes les religieuses sont presents devant Martin Garcia de Loyola, et Inigo, et 1'Alcade Pero Ibafiez de Yzarraga. Le notaire Juan de Aquamendi tient la plume. Apres avoir narre la querelle depuis les origines, 1'acte d'accord precise, en 17 points, les conditions qui d^sormais seront la loi de la chapelle du monastere. Inigo signe le premier *. C'est justice. La reconciliation est son ceuvre. Par actes pontificaux de Paul III, en date dejuillet et d'octobre 1539, le pacte volontaire d'Azpeitia recevra confirmation apostolique. Bien longtemps apres, en 1810, un provincial des Franciscains de Burgos n'hesitera pas a appeler bienheureux jour ce 18 mai 1535, ou les Isabelitas et le clerge d'Azpeitia firent la paix.
Vivant comme un mendiant a 1'hopital de la Madalena, Inigo ne pouvait oublier le sort de ceux dont il partageait la vie. Durant son sejour, une ceuvre fut fondee par lui, en faveur des pauvres honteux. II faut transcrire ici la premiere page qu'en tete d'un registre de I'hopital Saint-Martin a ecrite ie notaire Juan de Aquamendi :
Comme la memoire des homines est debile et qu'elle finit d'ailleurs avec leur vie, celui qui porte remede a nos maux et qui pourvoit a nos necessites, nous a donne 1'ecriture gardienne des evenements passes, Grace done au present ecrit les temps a venir sauront la verite de ce qui va se dire dans la relation du cas present.
En 1'annee 1535, arriva ici, a la suite de pelerinages a Jerusalem et a Rome, le Seigneur maitre Inigo de Loyola, qui avait donne partout de grands exemples de sainte vie. La noblesse de sa famille est notoire. Dieu et tous ceux qui le rencontrent voient ses vertus. Moi qui ecris je n'ai done pas a les raconter. Aussi j'omettrai les louanges dues a ses
i. Azpeitia Arch, not, Reg. du nat. Juan de Aquamendi (1517-1547).
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merites qui sont si grands, et je me borne rai au seul point ( ( qui m'occupe.
Ce saint homme, au temps de son sej our dans la presente ville d'Azpeitia, sa patrie, fut vivement affiige des necessites spirituelles du peuple. Preoccupe d'apporter remede a tous les maux, afin de sauver les a"mes, il se mit a precher la doctrine que Ton attendait d'une bouche aussi sainte ; et il se a donna beaucoup de peine pour la conversion des pecheurs. Le fruit de ses travaux fut grand; il est toutefois certain qu'il en eut voulu davantage; ce fut bien malgre lui qu'il resta quelque chose a faire.
Dieu Notre-Seigneur a done fait a la ville d'Azpeitia une grande misericorde, et aussi a ceux de sa maison, en leur donnant un si grand homme et en se donnant a soi-meme un tel serviteur de sa divine bonte. Aussi chacun de nous, de tout son pouvoir, lui a-t-il paye un tribut d' action de graces, et pour tous les biens que nous avons re9us deja par 1'entremise de son serviteur, et pour tous ceux que nous esperons en recevoir encore, en ce monde et en 1'autre.
Ce saint homme, qui me'dite continuellement la Sainte ficriture, procura tant qu'il put que les vrais pauvres de sa patrie, qui souffraient de la faim et d'autres nombreuses necessites, fussent efficacement secourus, II traita de cette affaire avec le Conseil de ville et avec les principaux habitants, et il fit les reglements et ordonnances que 1'on verra plus loin. Le premier qui le seconda fut le marchand Juan de Heguibar [il etait charge de fournir les boucheries d'Azpeitia et etait frere de lait d'Inigo], et sa femrne Maria Juanez de Zumitztayn. Dieu ne leur ayant point donne de poste- (! rite, ils furent comme obliges d'adopter les pauvres ; mais ils considerent ces heritiers forces, comme s'ils etaient pour eux (( des fils de benediction. l
Le notaire Juan de Aquamendi savait certainement rediger u n contrat comme le plus retors des legistes ; mais il etait, ce
i. Scr. de S. Ign., I, 537-538.
qui vaut mieux, homme de cceur et un chretien; dans cette page un peu solennelle, ecrite en 1542, il nous donne la preuve qu'en depit du proverbe Inigo avait ete, dans son pays, un prophete ecoute, puissant en oeuvres plus encore qu'en paroles. Le 23 mai 1535, etait le dimanche de la Sainte Trinite. A la Messe solennelle, Don Andres de Loyola, recteur de 1'eglise paroissiale, promulgua, en les traduisant en basque de verbo ad verbum, les ordonnances dressees en Conseil de ville. Personne de la juridiction ne pouvait mendier ostiatim, sous peine d'etre condamne a six jours de prison; et en cas de recidive, a cent coups de fouet. Nul que"teur ne pouvait etre admis, a moins que ce ne fut pour Notre-Dame de Roncevaux et Notre-Dame de Valbaneda. Quant aux passants, ils n'etaient pas non plus autorises a demander la charite, de porte en porte; les pelerins ou les necessiteux de passage devaient s'adresser aux majordomes des pauvres. C'est aux monies majordomes que les habitants d'Azpeitia doivent envoyer les mendiants ; on les oblige meme a denoncer a la justice, sous peine de deux reaux d' amende, les mendiants capables de travailler et qui s'y refusent; et ceux-ci sont passibles de six jours de prison et cent coups de fouet. Matricule exact des pauvres de la juridiction d'Azpeitia sera dresse par le Conseil de ville, apres serieuse enquete; et les seuls inscrits auront droit aux secours. Les administrateurs des hopitaux ne pourront accueillir ni queteurs etrangers, ni mendiants valides, sous peine de s'exposer a trois jours de prison et cent maravedis d'amende. Avec raison, 1'ordonnance insiste, des le debut, pour que les deux majordomes des pauvres honteux 1'un du clerge et 1'autre laique soient choisis avec le plus grand soin, sans egards humains, en vue de leurs seules qualites charitables. Tous les jours de dimanche et de fete, ils devaient queter a 1'eglise pour les pauvres; a eux seuls, il appartenait de recueillir les aumones de tous autres. L'economie du systeme reposait tout entiere sur 1'integrite et le zele de ces pourvoyeurs l ,
I, Srr< de >. fgn. t I, 539-543,
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L'hopital, dit des faubourgs ou de Bastinayri, fonde au debut du xvi e siecle, au dela du pont de Emparan, sur la rive droite de 1'Urola, devint le siege de 1'ceuvre des pauvres horir teux, Les gene"rosites y affluerent pendant des siecles, bien au dela des besoins. Les Guipuzcoans partis pour les Indes Occidentales, et mourant dans ces pays fortunes, tournaient les yeux, avant le trepas, vers la ville natale; ils laissaient dans leur testament de riches legs pour la memoire des pauvres honteux . Au cours des Iges, 1'ceuvre changea de nom; mais, en tete de plusieurs des registres nouveaux qui marquent les phases de cette evolution inevitable, la page du notaire Juan de Aquamendi qui en raconte les origines est pieusement transcrite. On n'oublie pas qu'une pensee d'Inigo de Loyola a e"te le commencement de cette oeuvre de misericorde. En 1595, 1'annee meme ou se fait a Azpeitia le proces canonique en vue de la canonisation de saint Ignace, 1'antique Cam solar de Loyola est aux mains des Borgia collateraux; mais le nom n'a pas disparu tout a fait du pays; le majordome de 1'hopital Saint- Martin, rendant ses comptes au Conseil de ville, justifie qu'il a distribu^ a 27 pauvres 24.930 maravedis; la premiere des pauvresses secourues est Maria Perez de Loyola a qui on donnait 3 quatrillos par dimanche.
Dans le travail de sanctification qui 1'occupait a Azpeitia, Inigo ne pouvait se desinteresser des pretres. Plus que toute autre, cette reforme etait importante; et combien elle etait necessaire jusque dans ces montagnes de Guipuzcoa, ou la vie patriareale semblait devoir conserver, avec la religion des vieilles coutumes, le tresor des moeurs.
Le clerge d'Azpeitia etait nombreux. Depuis que Bertrand Yanez de Ofiaz, pere d'Inigo, d'accord avec le recteur de 1'eglise, avait constitue des benefices assures dans la paroisse, les aspirants a 1'etat ecclesiastique s'etaient multiplies. A la lettre, le benefice faisait le clerc; et on entrevoit les conse-
quences, lorsque la vie du be"n6ficier 6tait peu conforme a la vertu qu'exige la caricature. Pour obvier a I'inconv&iient, le Conseil de ville d'Azpeitia, sous la pre"sidence de Bertrand de Loyola, prit, le 18 d^cembre 1506, de salutaires ordonnances. Les mauvais exemples qu'on voulait proscrire se produisaient, helas! au grand jour. Le recteur Juan de Anchieta, son successeur Pero Lopez de Loyola, frere d'lnigo, furent des pretres publiquement scandaleux. Quelle influence deplorable de tels exemples devaient exercer sur le clerg6 attache a 1'eglise d'Azpeitia! II est a peine besoin de le dire.
Outre le recteur, 1'eglise compte huit beneficiers et quatorze chapelains, tous Azpeitiens de naissance. Les biens ecclesiastiques sont un fief, d'ou 1'on e"carte soigneusement tout Stranger. Dans la querelle avec les Isabelitas dont nous avons parle plus haut, 1'une des preventions du clerge etait que les religieuses ne pourraient prendre, pour le service de leur chapelle, aucun pretre etranger au pays. Ces biens d'eglise consistent en dimes et casuel. Des dimes les trois quarts, apres un prelevement du recteur, est partage en neuf parts egales, entre le recteur et les huit beneficiers. Pour le casuel, le patron n'a droit qu'a un quart, les trois quarts vont aux beneficiers. Les quatorze chapelains n'ont, pour s'entretenir, que leurs ressources personnelles et les aumones qu'ils peuvent recevoir des fideles, en retour de leur assistance aux sepultures, neuvaines et autres offices.
Parmi tout ce monde, il y avait grand appetit d'acquerir, peu de zele pour le bien. Chacun etait empress^ pour revendiquer ses droits et toucher son du. Quand il s'agissait du culte divin et du bien des dmes, on se derobait a 1'envi. Jamais de sermons; le recteur s'en disait dispense par ses autres occupations, et les subalternes ne pretendaient pas faire mieux que leur chef. La recitation de Matines et des Heures, a 1'eglise, avait disparu. Dans les ceremonies et les processions, le clerge mettait un laisser-aller peu edifiant. Le jeu tenait, dans la vie de ces hommes inoccupes, la place que 1'etude aurait du tenir, et le vice suivait 1'oisivete.
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Cependant la foi demeure; elle n'est pas assez vive pour dominer les passions; elle est assez profonde pour subsister an milieu des pires scandales. Trois ans avant de mourir, et avant que d'entreprendre le voyage de Rome ou il allait soutenir ses proces contre les Isabelitas, Pero Lopez de Loyola, malgre 1'indignite de sa vie, trace pour le clerge d'Azpeitia un reglement qui fait honneur a son initiative. L'accent n'en est pas tres penetre, mais les articles essentiels du culte sont rappeles avec respect; le clerge tout entier, depuis les pretres jusqu'aux aspirants au sacerdoce, y sont rappeles k la decence et a 1'exactitude, sinon aux bonnes moeurs et au zele. On prevoit jusqu'a douze sermons par an a pre"cher, par un beneficier designe par le patron. Et sur les questions de biens, il y a, avec un aveu discret des abus du passe, une indication de 1'usage a suivre desormais 1 .
Tel est le milieu ecclesiastique d'Azpeitia. Inigo avait un sens trop profond du service exquis que les clercs doivent a la divine Majeste", pour se contenter d'un pareil etat de choses. Tandis qu'il etait & Azpeitia, ses travaux apostoliques, sa vie de penitence et de priere, malgre les heureuses influences de Fair natal, le reduisirent a un etat fort miserable. Sans en savoir exactement la date, nous savons qu'une longue et dure maladie le tint pour ainsi dire cloue a I'hopital, durant des semaines. A quoi pouvait-il mieux employer son temps, durant cette reclusion forcee, qu'a essayer de reformer le clerge de sa ville natale ? De ses conversations avec le recteur Andre de Loyola, et les autres, sortit un reglement en date du 23 juin 1535. Au nom tres doux de Jesus et de Notre-Dame sainte Marie, sa mere. Amen! Ainsi debuta 1'acte d'accord des beneficiers; et cela suffirait a trahir Tinfluence d'Inigo. Elle eclate dans les phrases qui suivent ou il n'est question que de fraternelle repartition des biens, a etablir, deux fois par an, aux environs de saint Thomas et de saint Jean; de sorte que fe produit du casuel soit desormais partage egalement entre
* Azpeitia. Arch. par.
tous. Par la, justice et charite etaient assurees, parmi des hommes habitues, jusque-la, aux seules inspirations de la rapacite.
Dans cette meme annee 1535, les vieux registres trahissent, chez certains clercs, le remords des possessions injustes et la volonte de decharger leur conscience d'un poids trop lourd. Don Thomas de Hegurza, dans une supplique a Rome, declare que le benefice de Villarino, extorque jadis par bulle apostolique, appartient en realite aux Isabelitas d'Azpeitia, de meme que deux chapellenies fondees par le recteur Juan de Anchieta. Andres de Loyola confesse qu'il a joui conjointement, jusqu'ici, de la Rectorie d'Azpeitia, et du benefice qu'il avait auparavant, bien qu'il ne puisse remplir les obligations y attachees. II declare vacant, le benefice et prie son oncle, Martin Garcia de Loyola, d'y pourvoir; ce que celui-ci fait aussitot, en presentant, a 1'eveque de Pampelune, Domingo de Alzaga, clerc de premiere tonsure et fils de sa soeur Joaney9a de Loyola. Dans 1'exercice de ses droits de patron, Martin Garcia s'etait parfois souvenu d'avantager les siens plus que de servir Pliglise. En 1527, il avait donne a son fils Perez de Loyola, etudiant a Salamanque, le benefice devenu vacant par la mort de Pedro de Eyzaguirre; en 1529, il avait dote d'une chapellerie son batard Gil de Onaz; en 1531, il avait attache, a cette dotation contestable, le benefice vacant par la mort de Pedro de Aizpuru; en 1531, il avait exige, du pretre Martin de Oyar9abal, une rente de 12 ducats d'or pour prix du fermage de la chapellenie dont le Gil de Onaz, encore etudiant, etait titulaire. Tout cela fut discute, en consultation avec Inigo, sans doute aucun. Le 10 juin 1535, Martin Garcia presente, pour le benefice vacant par la mort de Pedro de Aizpuru, don Ascensio de Ortola. Et la mesure se justifie d'autant mieux qu'il pouvait advenir que le Loyola, jusque-la possesseur du benefice, renoi^zlt a la clericature pour suivre la carriere des armes.
Aussi, dans le proces canonique de 1595, le temoin Francisco de uola dit-il qu'Ignace reforma le clerge de la ville en
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beaucoup de choses et particulierement en ses mceurs, et qu'il proce"da comme un eveque ou un juge avec une auto^ rit6 reconnue de tous 1 . Meme s'il n'etait point atteste par documents assures, le fait ne serait pas douteux. Lorsque, le 20 septembre 1539, il ecrira a son neveu Bertrand, devenu par la mort de Martin Garcia, chef de la maison de Loyola, Ignace lui fera ces fortes reflexions : J'ai cette persuasion, en Dieu Notre-Seigneur, que la divine Majeste* vous a conserve* jusqu'a ce jour et vous a donne 1'autorite, principalernent pour pacifier et reformer les prfctres d'Azpeitia; le faire sera leur temoigner un veritable amour, comme ce serait les aimer grossierement, et faire leur malheur, que de le negliger. Encore une fois, je vous en prie, pour 1'amour et reverence de Dieu Notre-Seigneur, appliquez a cela toutes vos forces. Que de fois, souvenez-vous en, ce fut la, au temps de mon sejour a Azpeitia, le sujet de nos entretiens z .
Encore qu'il vecut a 1'hopital, Inigo ne n6gligeait pas les siens. Dans son coeur, 1'amour de la famille n'etait pas detruit, mais purifie et surdeve. Quand il est parti de Loyola, en 1521, il a juge necessaire de rompre tous les liens. Cette separation brutale lui paraissait commande'e par les circonstances. Jusque-la, la chair et le sang avaient parle en lui, selon toutes les lois de 1'orgueil. Pour imposer a la nature viciee le joug de Plivangile, il fallait l'eloignement, le silence, quelque chose comme la mort. Maintenant que les passions etaient domptees, que le coeur tout a Dieu etait uniquement gouverne par la charite de Jesus-Christ, autre pouvait etre 1'attitude. Et voila pourquoi, des 1532, Inigo a commence a entrer en correspondance avec son frere Martin Garcia; voila pourquoi il est revenu dans sa ville natale.