Gonzal&s de Camara, n
etait-il de revoir Jean de Castro, cet etudiant de Paris, qu'il avait decide a renoncer au monde, avec Pe>alta et Amador; et dont la conversion avait souleve presque une e*meute au college de Sainte-Barbe. Inigo avait pu apprendre a Tolede, d'ou Castro etait originaire, que son ami d'autrefois etait chartreux a Valence. En 'tout cas, il note soigneusement qu'il cut un entretien avec ce fils de Saint-Bruno, avant de s'embarquer a Valence 1 .
II resta huit jours a la Chartreuse du Val Christi. Les bons moines auraient voulu le retenir plus longtemps aupres d'eux, pris par la peur qu'il ne tombat entre les mains du corsaire Barberousse, dont les galeres sillonnaient la Mediterranee. Mais lui souriait de ces discours effrayants. Sans hesiter une minute, il prit passage sur un grand vaisseau en partance. Survint bientot une forte tempete. Le gouvernail fut brise. Tous, a bord, etaie'nt persuades que seul un miracle pouvait sauver les passagers. Inigo se prepara a la mort, par un serieux examen de conscience. Malgre ses fautes passees, il ne redoutait pas le jugement de Dieu, de qui il esperait le pardon; mais son coeur etait accable de confusion et de douleur, pour n'avoir pas bien use des graces et des dons accordes par le Seigneur 2 . On echappa au naufrage. Peut-etre le vaisseau fut-il rejete par la tempete sur la cote de Barcelone 3 ? La traversee jusqu'a Genes, se fit sans accident.
De Genes,- ou il parvint vers la mi-novembre, Inigo partit pour Bologne. II lui arriva de s'egarer et de s'engager dans un chemin qui longeait un fleuve. C'etait un sentier fraye au bord d'un escarpement qui dominait de tres haut le lit des eaux. A un point, ce sentier etait tellement etroit, que le voyageur, ne sachant plus s'il devait avancer ou reculer, se prit a marcher a quatre pattes. Sa peur etait grande. Le moindre faux