‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 157 sur 396 · Id · texte numérisé non relu

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qu'on irait a pied, et tons ensemble, mais sans mendier; l e peii d'argent qu'on avait encore suffirait aux defenses jusqu'& Venise 1 .

Les voyageurs portaient tous une soutane d'ecolier et un chapeau a larges bords, k la mode de Paris. Dans un sac de cuir attache sur le dos, chacun avait la Bible, un breviaire, ses manuscrits. Du col pendait en evidence un chapelet. La soutane etait un peu retroussee par devant, pour faciliter la marche et tous avaient un fcaton a la main z .

L'allegresse remplissait les ames, rayonnait des visages et donnait aux jambes une telle vigueur, que les.marcheurs, suivant 1'expression de Tun d'eux, avaient 1'impression de ne pas toucher terre 3 . En route, ils priaient, meditaient, recitaient les psaumes, causaient entre eux du royaume de Dieu. Leur premier soin, en arrivant k 1'hotellerie, etait de tomber k genoux pour remercier Dieu de la protection accordee jusque-la; au depart, ils faisaient de meme pour demander la Providence de veiller sur eux 4 . Les gens qui les voyaient ainsi, regardaient avec une curiosit6 sympathique ces voyageurs, si peu semblables a ceux du cornmun. D'autres se posaient des questions et murmuraient a 1'oreille de leurs voisins : Qui peuvent etre ces hommes ? . A quoi quelqu'un repondit un jour : Ils vont reformer quelque pays 5 .

Comme on etait a deux ou trois jours de marche de Meaux, deux jeunes hommes qui s'etaient mis a la poursuite des pelerins, au galop de leurs chevaux, finirent par les joindre. L'un d'eux etait le propre frere de Simon Rodriguez, etudiant et pensionnaire, comme lui, du roi de Portugal. L'autre, Portugais aussi, etait un ami intime. A 1'envi, ils representerent aux voyageurs que leur course etait une folie. Dans quelques jours, leurs maigres ressources seraient epuisees. La guerre

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