Id., ibid., IV, 228; V, 3Si-3S
Son influence au conclave fit echouer la candidature du cardinal d'Amboise; la sienne 'eut reussi, sans la vieille rancune d'Ascagne Sforza; mais le regne de Pie III fut si court (22 septembre-i8 octobre i$b4) que, des 1'ouverture du second conclave de 1504, Julien de la Rovere retrouva ses chances et fut elu en une matine'e J .
Telle est, en bref, la carriere de Thomme qui devient, au debut du xvi e siecle, le chef de Tlglise. Et cette carriere ellememe permet de pronostiquer ce que sera le pontifical de Jules II.
Lorsqu'on p6netre au Vatican, par la porte de service qui donne via Angelica, a Textr^mite nord de la caserne des Suisses, des le seuil, on voit luire, au loin, sur les soubassements qui portent le musee des inscriptions anciennes, les mots Julien de la Rovere, Ligure, neveu de Sixte IV. Le puissant bUtisseur a laisse sa trace au palais des papes. De lui date le corps immense qui relie aux appartements Borgia le Belvedere d'Innocent VIII ; de lui, les loggie qui entourent 1'admirable cour Saint-Damase; de lui les fresques de la Sixtine, et celles des Stan%e ; de lui enfin la fondation des quatre piliers enormes destines a porter la coupole de Saint-Pierre. Parmi tous les papes de la Renaissance, il n'en est pas un, pas me"me Leon X, qui ait con9u de si grandes merveilles et qui ait pu associer a ses desseins des artistes tels que Bramante, Michel-Ange et Raphael. Jules II fut le plus hardi et le plus heureux Mecene des arts 2 .
Guichardin estime que Jules II n'avait d'un pretre que 1'habit et le nom. L'allemand Gregorovius a redit, en 1'aggravant, le jugement de 1'historien florentin; pour lui, Jules II est 1'une des figures les plus profanes et les plus anti-ecclesiastiques qui aient paru sur le siege de Saint-Pierre . De telles formules sont excessives. Ces auteurs se sont souvenus seulement des jours d'orage, ou le pape en colere faisait tout trembler devant lui, des jours de plaisir ou il s'adonnait a la