Cron., I
ses desseins n'a qu'une approbation verbale de Paul III. Les pretres reformes ou pretres pelerins comme on les appelle ne sont que dix. Et deja ils sillonnent 1'Italie, de la Lombardie au royaume de Naples ; ils penetrent dans cette Allemagne que les entreprises de Luther bouleversent; ils sont a Lisbonne et sur le chemin des Indes Orientales. Partout leur apostolat opere les memes merveilles. Us remplissent les eglises, reforment les monasteres, apaisent les discordes, reglent les mceurs. Ils renouvellent les ames par la predication et par les Exercices spirituels ; ils les gardent par 1'habitude de 1'oraison, des sacrements, et 1'organisation des confreries. On ne se lasse pas de les entendre, on pleure quand ils partent, on ecrit a Rome pour les garder. Ils vivent d'aumones, se depensent nuit et jour, s'occupent des enfants, des malades et des pauvres. Leurs exemples et leurs prieres accreditent leur predication. Leur passage est une benediction de Dieu. Les populations surprises voient de leurs yeux I'fivangile en action.
Comme il devait advenir, autour de ces apotres, une jeunesse ardente ne tarde pas a se grouper.
A Parme, sous 1'influence de Laynez, et surtout de Le Fevre, Paul d'Achille, Elpide Ugoletti, Sylvestre Landini, Jean- Baptiste Viola, Antoine Criminali, Benoit et Fra^ois Palmio, Ange Paradisi, s'agregent a la Compagnie. Le Lombard Pierre Codazzo, prelat de la cour pontificale, vient frapper a la porte de la casa Frangipani pres de la Tour de Melangolo ou reside Ignace de Loyola. De meme, le pretre Paul de Camerino, les jeunes remains Philippe Cassini et Isidore Bellini 1 .
Les Espagnols accourent aussi 2 . Jerome Demenech, jeune chanoine de Valence, allant de Rome a Paris pour suivre les cours de la farneuse Universite, s'arrete a Parme, fait les Exercices spirituels sous la conduite de Le Fevre et se joint a lui (1539). Franfois et Diegue de Eguia, anciens amis d'Inigo a Alcala, ont fait a Venise les Exercices ; apres un voyage aux