Ibid
3. Crow., I, 93, 96, 101, 114-117, 136-138, 157, 159, 160-164, 186,189; Astrain, I, 244-256.
[. Ibid., 105, 115.
nialheureusement les lettres qu'ils echangerent sont perdues, nous savons du moins qu'ils s'ecrivirent et nous entrevoyons en quels termes. Quel exemple que celui de Borgia! Chaste quoique ne d'un sang corrompu, assez noble pour mepriser sa noblesse, mortifie dans les cours, humble dans la religion, partout homme de priere, aime de Dieu qui seul possede son cceur, aimable aux hommes que sa douceur attire, chef eminent dont la vie" religieuse se depensera au tracas des affaires, sur les chemins, et dans le silence d'une cellule, sans que 1' eclat de sa saintete" ait jamais pali aux regards de ceux qui 1'approcherent. Dans 1'Espagne de Philippe II et dans la Rome de Pie V, aucun nom ne sera, a 1'egal du sien, une force pour la Compagnie naissante 1 .
Avec Xavier, Borgia et Canisius, Le Fevre domine par sa haute vertu. Tous quatre seront mis par 1'figlise sur les autels. Mais tous les autres, Laynez, Le Jay, Broet, Bobadilla, Salmeron, sont aussi des hommes de Dieu. A leur exemple, les jeunes jdsuites promus au sacerdoce rivalisent de zele. Tous se depensent sans compter; les enfants, les pauvres, les pecheurs ont leur preference; s'ils voient les grands, c'est pour leur rappeler les responsabilites de leur rang et la vanite des choses qui passent; leur ambition unique est de faire regner dans les a*mes la gra"ce de Dieu. Us s'y emploient par les moyens traditionnels : la priere, la predication, la confession, la communion. Entre leurs mains que Dieu rend puissantes, ces moyens ont 1'efficacite des meilleurs jours du christianisme.
Dans le cceur de tous ces apotres, compagnons de la premiere heure ou recrues nouvelles, palpite la meme ardeur reconnaissante envers Ignace de Loyola ; ils voient en lui beaucoup mieux qu'un superieur canonique, un pere qui leur a donne la vie de Fesprit, un modele qui les domine par 1'ascendant de sa vertu. Les Ie9ons et les exemples de ce maitre sont comme un moule vivant, dans lequel leurs ames, sans cesser d'etre divines, ont pris une empreinte commune : tous
i. Suau, op. cit., 167-178, 281-339, 397-417.
veulent suivre Jesus- Christ, au premier rang, par amour pour lui, et pour tre, comme lui, d'efficaces sauveurs des ames en perdition. Des points divers ou ils exercent leur apostolat, ils ecrivent a Rome des lettres longues et detaillees. Toutes n'arrivent pas a leur chef, toutes ne sont pas venues jusqu'a nous. Mais Ignace en re9oit assez pour savoir qu'il doit benir ses fils et glorifier Dieu. II leur mande ses encouragements; il les anime a tout faire et a tout souffrir, pour ramour du Seigneur; il ajoute parfois des conseils discrets. Nous avons cette correspondance. Elle nous instruit sur les merveilies de cet apostolat. Surtout elle nous revele les ames de ces :apotres: ames ardentes, unies, fraternelles, vraiment pleines du Saint- Esprit.