Ep. et instr., II, 717; Crow., II
3. Const. (Ed. de la Torre), 337-338 ; Ed. crit., I, LXXXI-LXXXIX, 390-396-
pas pourquoi, dans^ la Compagnie comme dans les autres Ordres, le procureur ne serait pas dans la maison. Salmeron faisait encore d' autres remarques; celles-ci entre autres.. Pourquoi ne pas reduire les empechements canoniques a trois ou quatre ? Pourquoi soulever pour les candidats la question de la descendance de Chretiens recents ? Est-il exact de declarer libres de leurs vceux les sujets renvoyes, attendu que leurs voeux sont perpetuels ? Est-il bon de fixer la profession a 25 ans, de sorte qu'il soit impossible de la faire avant ? Pourquoi laisser, dans la formule des voeux des profes, la clause circa puerorum eruditionem, puisque la bulle de Jules III ne la porte pas ? Est-ce que, d'une maniere generate, il ne vaudrait pas mieux abreger le texte des constitutions proprement dites ?
Dans 1'ensemble, 1'ceuvre elaboree par Ignace avait done les approbations de tous. Les points signales par quelques-uns, eomme susceptibles de modification, n'etaient que des details dont aucun n'avait d'importance majeure. En depit de cette claire manifestation du contentement des profes assembles, Ignace de Loyola demeura convaincu que le meilleur pour son Ordre etait que le gouvernement en fut confie a un autre general. Le 30 Janvier 1551, il ecrivit un billet qui contenait ses intentions. Parlant comme s'il etait devant Dieu son juge, il disait aux siens : Mes pechdss nombreux, mes nombreuses imperfections et mes nombreuses infirmites me rendent incapable de ma charge; je le pense depuis longtemps; je desire qu'on considere dans le Seigneur s'il ne conviendrait pas d'elire quelqu'un qui gouverne a ma place, mieux que moi , ou du moins moins mal ; m6me il faudrait preferer quelqu'un qui gouvernerait comme moi ; au nom du Pere, du Fils et du Saint-Esprit, je renonce simplement et absolument a la fonction que j'ai, priant dans le Seigneur, avec toute mon &me, les profes et tous ceux qu'ils desireront se joindre, de bien vouloir accepter mon offre qui est tres justified en la divine Majeste ; et si, parmi ceux qui auront a decider la-dessus, pour la plus grande gloire de Dieu , il y a
quelque divergence de vue , par 1'amour et reverence dues a Dieu Notre-Seigneur, je demande qu'ils recommandent beaucoup cette affaire a la divine Majeste, afin qu'en tout se fasse sa volonte tres sainte, pour sa plus grande gloire, le bien le plus universel des &mes et de toute la Compagnie 1 .
En ouvrant le billet qui contenait ces lignes, chacun des Peres presents a Rome dut baiser avec admiration la signature d'Ignace et remercier Dieu d'avoir un tel Pere. Aucun ne voulut accepter sa demission ; tous le prierent de vouloir continuer, pour le bien de la Compagnie, a porter le fardeau du gouvernement 2 . Le saint homme ne tarda pas a tomber gravement malade; mais la bonte de Dieu permit que la secousse fut de peu de duree. Sans etre tres solide, sa sante se raffermit un peu pour un temps 3 .
Le 4 fevrier 1551, Fra^ois de Borgia repartit" pour 1'Espagne avec Araoz, Miron, Tablares, Ochoa, Estrada etquelquesautres 4 . A la hauteur de Viterbe, les voyageurs rencontrerent Simon Rodrigues et Georges Morera qui allaient a Rome. Une breve halte dans la ville permit un moment de fraternel entretien 5 .
Rodrigues avait etc mande a Rome, comme les autres profes, pour deliberer des interets generaux de 1'Ordre 6 . Nul doute que les Constitutions ne lui aient etc soumises. II ne semble pas avoir etc preoccupe d'autre chose que de conserver a la province de Portugal 1'usage exclusif des biens qu'elle tenait 7 de la munificence de Jean III.
Comme on voit, le controle auquel Ignace de Loyola avait voulu soumettre son oeuvre lui apportait, par 1'approbation des siens, une garantie de verite. II reverra, il retouchera encore son texte. Mais on peut affirmer qu'en 1551 le code de la Compagnie de Jesus est deja arrete.