Cron., Ill
voirs et d'instructions diverses pour sa gouverne, sans parler de patentes en blanc, signees et scellees du sceau de la Compagnie 1 . Polanco, de son cote, ne manquait pas d'aviser les recteurs des maisons a visiter, des grandes qualites intellectuelles et morales du commissaire envoye en inspection 2 . Nulle part celui-ci ne paraitra inferieur aux eloges de Polanco; tous noteront en lui une intelligence vive, de vastes connaissances, un devouement a toute epreuve, Tesprit de decision, une religion profonde et un amour ardent de 1'Institut.
Quand il part de Rome au printemps de 1552, Nadal emporte avec lui le texte des Constitutions approuve par la premiere congregation desprofes. En septembre 1553, il recevra, a Lisbonne, un texte amende par endroits et un certain nombre de regies formulees pour les differents emplois 3 . Ces lois en mains, partout ou il passe, sa methode de travail est la meme. II assemble la communaute tous les jours; et pendant une heure, il explique et commente les points les plus importants des Constitutions. II voit un par un tous les religieux, qu'il interroge a loisir, non seulement afin de pouvoir envoyer a Rome une liste exacte du personnel de chaque maison, mais surtout pour connaitre la valeur de chacun. Nous avons encore les questionnaires 4 dont il usait et des specimens de ses catalogues, ou au nom des personnes un mot est joint sur les aptitudes 5 . Dans les entretiens confidentiels avec les religieux, le visiteur eclaircit les doutes sur le sens de la loi qu'il promulgue ; il encourage, console, redresse, avec la nettete d'un homme d'expe"rience et la bonte d'un pere. Plus encore que les exhortations publiques, ces conversations familieres font a tous une ame commune; a tous Nadal communique 1'esprit qui 1'inspire et le gouverne lui-meme 6 .
1. Cron., Ill, 439; Ep. Nadal, I, 145; Ep. et instr., V, 7-8, 13-15.