‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 305 sur 396 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

montait jusqu'a son visage qui en etait tout eclaire 1 .

Le don des larmes dans la priere, que le Seigneur lui avait accord^, etait accompagne d'un sentiment si vif de douceur qu'il en avait comme des syncopes. Mais le souci de sa sante lui etait moins cher que celui de la priere. Les medecins en vinrent a le raisonner, a lui ordonner de refouler ces pleurs qui epuisaient ses forces. Le saint, dans son embarras, recourut a Dieu. Et Dieu lui accorda un tel empire sur ses larmes qu'il les gouvernait, pour ainsi dire, a son gre. Au surplus, me" me lorsque ses yeux restaient sees, son creur etait inonde de delices 2 .

Sa priere etait continuelle. En dehors des exercices de piete de regie, il multipliait les examens de conscience et les elevations vers le Seigneur. II ne passait pas une heure dans la journee, sans revenir sur lui-meme et peser ses actions 3 . Ses occupations les plus absorbantes ne lui voilaient pas la presence de Dieu. Tout ce qui s'offrait a ses regards, une fleur, un fruit, un arbre, une source, 1'azur du ciel, les animaux, les hommes, la creation entiere, etait pour lui comme une echelle : toujours dressee, par ou son esprit montait vers la puissance et la bonte du souverain auteur de toutes choses. Par les rues de Rome, dans les antichambres des cardinaux et du Souverain Pontife, les heures perdues par tant d'autres etaient employees par ce contemplatif a converser avec Dieu 4 .

Entre Dieu et lui, la communication etait ininterrompue, familiere et debordante de toutes les douceurs de Tamour. II adorait, il louait, il rendait graces; il demandait aussi. Bien que son etat habituel, selon 1'aveu qu'il fit un jour a Laynez 5 , se definit par le mot si expressif des anciens mystiques : patiens divina, il n'y avait pas, dans sa vie, Fombre d'un quietisme quelconque. Gouvernee et dominee par le Saint-Esprit, son

i. Ibid., I, 244.

z- Ibid., I, 305.

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