Ibid., I
dont le bon plaisir etait son unique regie et dont la Providence lui paraissait bonne en toute rencontre.
II a explique, dans les Exercices, que 1'humilite n'est que la soumission exacte de 1'amour-propre a la volonte^ de Dieu signifiee par le Decalogue ou les eVenements. II vit journellement cette doctrine. L'orgueil est eteint en lui.
Habitant avec des religieux formes a son ecole et qui en avaient profile, il les depassait tous en vertu. Jamais la pensee ne lui venait de se comparer a eux pour se preferer. II voyait leurs deficits et leurs fautes, il les corrigeait et les admonestait.a 1' occasion, par sollicitude paternelle et par devoir degouvernement. Jamais il ne lui echappait un mot injurieux. Si quelqu'un se rebiffait sous 1'avertissement, comme il arriva parfois a Bobadilla, il n'en prenait ni offense, ni rancune 1 .
Ainsi, pour la correspondance a envoyer au general, par les religieux repandus partout, il avait fait envoyer par Polanco une instruction detaillee, afin d'aboutir a tirer de ces lettres le meilleur profit possible. Lorsque Bobadilla re9ut ces direc- I tions minutieuses, il repondit par une boutade comme il en jaillissait parfois de son naturel brusque et simple; il fait observer au general qu'il a ecrit expedir au lieu de expender; Rey de Romanes au lieu de Rey de los Romanos et que ces derniers mots ont fait sourire ceux qui les ont vus. Ignace reprend ' avec une humilite admirable :
...Je recevrai avec grande reconnaissance, dans le Seigneur, que vous montriez mes lettres (et qu'on en rie)... car c'est mon desir, toute ma vie, d'etre redresse et corrige de mes erreurs, et de recevoir une amoureuse et fraternellej correction de toutes mes fautes. Je me rappelle bien qu'a