Ibid., I
Le dedans lui importait plus encore que le dehors. II n'epargnait rien pour maintenir et hausser le niveau des bonnes volontes. Quancl il etait parvenu a enfoncer une ame dans 1' abnegation et la mortification constante, il pensait tenir a la fois 1'indispensable et la cle de tout le reste 1 . Et pour y parvenir, il n'epargnait rien : conseils, reproches 2 , encouragements 3 , penitences 4 , syndics, a 1'exacte dimension des besoins et des temperaments. Que de prieres, que de larmes, que de souffrances, il offrait a Dieu, pour affermir et affirmer la vertu des siens ! Avec raison il croyait, par la, travailler tres efficacement a la conversion du monde.
Ceux de ses fils qui etaient au loin lui etaient aussi presents que ses compagnons de la maison professe de Rome. II etait desireux et heureux d'avoir de leurs nouvelles; dans ses conversations, il aimait parler de leurs travaux et de leurs souffrances. Je leur porte tant d'affection, disait-il 5 un jour, que j'aurais plaisir a savoir jusqu'au nombre de puces qui les devorent. Par ses lettres il leur temoignait sa paternelle sollicitude; il dirigeait leur action, soutenait leur patience, elevait leurs regards vers le Christ redempteur des &mes et roi des apotres. Aucun je"suite, fut-il perdu au bout du monde, ne doutait qu'Ignace de Loyola ne lui fut uni de coeur et de priere.
Par cette priere ardente, ses conseils pleins de sagesse, ses exemples d'heroique vertu, il formait et maintenait en activite une troupe apostolique de pretres reformateurs et conquerants.