Ibid., IX
occupations quelques loisirs, pour disserter solidement sur la question, on s'en rejouirait fort a Rome 1 .
Salmeron se mit a 1'ceuvre immediatement : le 7 juillet, Polanco pouvait deja envoyer a Franois Palmio, recteur k Bologne, une copie du petit traite redige a Naples 2 . A la meme date, on fait savoir a Salmeron que son ecrit parait tres bien 5 . Andre Ovie*do, le futur coadjuteur du patriarche d'lithiopie, voulait aussi dire son sentiment sur la question; et il etait invite par Polanco a s'en occuper a loisir 4 . Bobadilla, des le mois de septembre 1551, avait mis sur pied une dissertation courte et nerveuse 5 communiquee par Polanco a Oviedo et a Francis Palmio 6 .
Ces diverges initiatives prouvent que les pratiques eucharistiques inaugurees par les jesuites suscitaient 9a et la de 1'e'tonnement, du scandale, des oppositions. Le Cronicon de Polanco relate des faits qui le prouvent. Rien n'est plus significatif a cet egard, que 1'aventure survenue a Valence, durant 1'Octave du Saint-Sacrement en 1546. Valence avait vu tour a tour dans ses murs, Antoine Araoz et Pierre Le Fevre. Jacques Miron e"tait recteur du college. L'action de ces hommes apostoliques produisit dans la ville un mouvement marque vers la Sainte Table et par voie de consequence, un vrai tumulte dans le monde eccle'siastique. La question, sortant du cercle etroit des conversations privees, faisait irruption dans lea chaires. Un religieux de Saint-Dominique y declara que la communion quotidienne etait une faute mortelle, Un hieronymite lui re*pondit que de tels propos e*taient heretiques ou a peu pres. Pour calmer les esprits, 1'archeveque, qui etait saint Thomas de Villeneuve, finit par convoquer a la cathedrale, tout son peuple. II parla pendant deux heures, avec sa
x. Ibid., VII, 1 68.