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avaient fort peu cqnfiance en sa guerison, on lui conseilla de se confesser; et ainsi il re9Ut les derniers sacrements, la veille de saint Pierre et de saint Paul, jour ou les medecins dirent que si, de la a minuit, il ne sentait pas d' amelioration, on pouvait le tenir pour mort Le malade etait dej'a auparavant devot a saint Pierre, il plut done a Notre-Seigneur que, au milieu de cette nuit meme, il commenf^t a se trouver mieux ; et le mieux alia augmentant, si bien qu'a quelques jours de la on le jugea hors de danger.
Saint Jean-Baptiste etait le patron des Onaz, comme saint Pierre celui des Loyola. Depuis des siecles, ces dates du 24 et du 29 juin etaient sacrees a la casa solar. Quoi d'etonnant qu'Inigo en ait note la coincidence avec des faits aussi importants que sa confession in extremis et la guerison inesperee qui suivit ?
Tandis que le blesse de Pampelune est a Loyola, aux mains des medecins, Andre de Foix poursuit sa marche victorieuse, au milieu d'une population qui se soumet a ses armes, ou s'enfuit pour organiser la resistance 1 . Au bruit de la reddition de Pampelune, les habitants d'Azpeitia et d'Azcoytia se reunissent pour deliberer. Us envoient a Tolosa demander ce qu'il faut faire. Au retour des messagers, on conclut a une prise d'armes. A Azpeitia on fond des balles pour les escopettes, on bat la montagne pour recruter des soldats, on fait un etendard dont 1'etoffe en soie est fournie par Teglise de Saint- Sebastien; la marchande Marie de Lagarraga fournit le ruban pour la croix. Gent deux hommes partent, commandes par le capitaine Juan Lopez de Ugarte. Us sont accompagnes par deux pretres et un tambour 2 .
En Castille, le meme mouvement belliqueux se produit. Le Conseil royal, qui s'etait montre si inerte aux lettres alarmees du due de Najera, s'eveille enfin de sa torpeur. En peu de jours, cavalerie, infanterie, artillerie se rassemblent et s'accumulent.
i. Sandoval, op. ctt. t 503-505; Boissonnade, op. cit., 550-551. z. Azpeitia, Arch. mun.
Andre de Foix, mauvais politique et mauvais general, s'est elance vers la Castille au lieu de s'etablir solidement en Navarre. Sur 1'avis du colonel de son infanterie, il a meme licencie un grand nombre de fantassins gascons. Le connetable, le due de Najera, les Comunidades elles-memes levent des troupes : Valladolid envoie 1.200 hommes, Segovie i.ooo, Medina 900, Salamanque et Toro 1.200, Avila 600, Burgos 100; Tolede, en depit de sa rebellion obstinee, fait offrir des soldats l , Toutes ces forces reunies forment une armee nombreuse, decidee a faire lever le siege de Logrono, qu'encerclait Andre de Foix. Un incident banal precipita les evenements. Le quartier general franais etait installe dans le couvent des Franciscains. Pendant que I'etat-major soupait, toutes chandelles allumees, dans une vaste salle, le soir du 10 juin, un Logronien hardi escalada le mur, ajusta les convives, et tira; un officier tomba mort. Doutant de sa surete, craignant une trahison, Andre de Foix leva le siege et reprit sa route vers la Navarre.
Apres une discussion assez vive, entre un rival et le due de Najera, a qui aurait le commandement, le due 1'emporta. II sortit de Logrono avec Pedro Velez de Guevara qui commandait la place ; avec les renf orts venus de Guipuzcoa et d' Alava, on se mit a escarmoucher, suivant les Fran9ais a la trace, puis on les devan9a. Apres un conseil de guerre, le soir du 30 juin, a Esquiroz, le due de Najera d6cida de couper a Andre de Foix la route de Pampelune, en le forcant a accepter la lutte. A une lieue, au sud de Pampelune, le choc cut lieu. Le connetable de Castille, Pedro Giron 1'ancien comunero, Frances de Beaumont et Pedro Velez de Guevara se distinguerent dans la bataille. Les troupes des provinces basques etaient a 1'avantgarde. L'artillerie fut prise, nombre de capitaines, et Andre de Foix lui-meme qui se rendit a Frances de Beaumont. L'armee fran?aise en desarroi recula jusqu'a Fontarabie. La victoire de Noain (30 juin) cut pour consequence forcee la reprise de Pampelune, ou le due de Najera rentra sans coup
i. Lettres du connetable au chapitre de Cordoue, 29 mai 1521.
ferir. Pour son honneur et celui de la couronne de Castille, la capitulation du 19 mai etait vengee 1 .
Tandis que les lettres joyeuses partaient pour les Flandres afin d'annoncer a Charles-Quint la bonne nouvelle, Pedro de Zabala se hatait vers Azpeitia pour redire les exploits des Guipuzcoans. Le Conseil de ville de Azpeitia donna au messager 100 marevedis de recompense 2 . Dans la liesse commune, Inigo blesse dut se rejouir plus que personne ; et on se le figure sur son lit de douleur, ecoutant ravi, de la bouche de Pedro de Zabala, le recit du triomphe de Noain.
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Peu a peu les forces revinrent au malade et les os de la jambe brisee finirent par se souder. Mais les chirurgiens d'Azpeitia avaient mal pris leurs mesures.
Au-dessous du genou, dit Inigo 3 , un os se trouvait a cheval sur 1'autre, d'ou il resultait que la jambe etait raccourcie; et, par ailleurs, 1'os etait tellement en saillie que la jambe en perdait son elegance. Lui, done, ne pouvant se faire a cette idee (car c' etait toujours son dessein de suivre le monde) et estimant que cela 1'enlaidirait, il s'informa aupres des chirurr giens si Ton pouvait couper cette excroissance. On lui repondit affirmativement, mais que la douleur serait bien plus vive que celles qu'il avait deja souffertes, parce que son corps etait sain maintenant et que 1'operation demanderait du temps. II s'y soumit malgre tout, pour la satisfaction de sa vanite; son frere aine s'effrayait, protestant que quant a lui il n'oserait affronter un pareil supplice. Mais Inigo le subit, avec son endurance ordinaire. L'os scie, on chercha le moyen d'allonger la jambe au moyen de liniments et de tractions methodiques. Le martyre dura assez longtemps. Le patient, etendu,
1. Sandoval, I, 505; Boissonnade, 552-555; Manuel Danvila, xxxvni, 209-211, 214-218.