‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 365 sur 396 · LE SEJOUR D'INIGO DE LOYOLA A AR&VALO · texte numérisé non relu

LE SEJOUR D'INIGO DE LOYOLA A AR&VALO

Le sejour d'Inigo a Ar^valb est indiqu6 avec precision dans trois ouvrages du xvn e siecle : 1'ceuvre manuscrite du P. Luis de Valdivia, intituled Coif' gios de Castillo, V Historia Societatis du P. Sacchini, le Libra de la Genea* logia de San Ignacio du P. Gabriel de He"nao.

Le P. Fita est le premier qui ait public" (Bol. Ac. Hist, de Madrid, 1890, XVII, 492-520) quelques documents pour e"tablir que Sacchini et He'nao n'avaient point parle" au hasard. Un peu plus tard, en 1901, le P. Astrain reprena.it le sujet (Hist, de }a Comp, en la assist, de Esp., I, 6-9). De Ifl) $

pour les raisons alleguees par Astrain et Fita, 1'assertion a passe 1 dans les travaux posterieurs. Sept ans avant que le P. Fita cut publie quoi que ce soit, le P. Cros, comme fen t^moignent ses notes et son Journal, s'e'tait fait sur la question une conviction raisonne'e.

Le temoignage capital ou s'appuient Astrain et Fita est celui d'Alonso de Montalvo, lequel, a dit a un jesuite, Antonio Lariz, venu a AreValo en 1577 J'ai t& compagnon d'lnigo de Loyola, jadis, dans la maison de Juan Velazquez de Cuellar. Fita tire ce temoignage d'une relation du P. Lariz, qui se trouve en copie aux archives notariales d'Are>alo; Astrain emprunte une autre copie de la mSme relation envoySe a Rome en 1599. Entre les deux textes les differences sont minimes. Et la substance de la relation se reduit a la phrase dite plus haut. Au temoignage de Montalvo il faut ajouter foi certainement. Bien qu'il soit unique, ce temoignage est decisif : Montalvo est fils d' AreValo ; il appartient a une des principales families de la ville; il est contemporain d'Ignace; il a done pu et du savoir.

Au sujet du sejour d'lnigo de Loyola a Ar^valo, trois questions se posent : i est-il vrai qu'il ait ete page des rois catholiques; 2 si ce n'est pas vrai, quelles etaient ses fonctions a la cour; 3 a-t-il passe^aAre'valo, tout le temps qu'il est reste" a la cour ?

A la premiere question, il faut re"pondre ne'gativement. Maffei s'est trompe, quand il a affirme ou insinue' ce fait. Ribadeneyra vivait encore quand parut 1'ouvrage de Maffei. En marge d'un exemplaire, il 6crivit de sa main : Inigo fut seulement page de Jean Velazquez, grand tre"sorier (des rois de Castille) ; il y a beaucoup de gens qui le savent et quelques-uns se le rappellent fort bien . La remarque de Ribadeneyra, rappelee par le P. Astrain, est fort juste. Reste a 1'appuyer par des documents decisifs. Les registres des comptes de la cour de Ferdinand et d'Isabelle existent encore aux archives de Simancas. Les noms et la paye de tous les officiers sont la. On trouve, parmi les pages, des Colon, des Guevara, des Velazquez, des Zuniga, mais non Inigo de Loyola. Inigo ne fut pas plus page des rois catholiques que Madeleine de Araoz, femme de son frere Martin Garcia, ne fut dame d'honneur de la reine Isabelle. Inigo faisant partie de la maison de Velazquez, ve"cut a la cour; les fonctions de grand tre"sorier et de mayordome que remplissait Velazquez entrainerit cette consequence. Madeleine de Araoz aura ve"cu a la cour, de la mfime maniere a la suite d'une dame d'honneur d'Isabelle, une Guevara par exemple.

Voil& un point definitivement fixe".

Secondement, en quoi pouvait consister la vie d'lnigo? On a tout dit, quand on a dit qu'il faisait partie de la maison de Velazquez. Le grand tresorier etant un officier civil de la couronne, rien dans son train de maison n'e"tait particulierement militaire. Mais, en ce temps-la, la noblesse mSme de cour e"tait, avant tout, une caste militaire; elle le demeurait par les gouts et les distractions, dans les palacios des villes royales comme &

suite des armies. Dans son costume de gentilhomme, I'6p6e au flanc, o passe e'videmment une certaine partie de sa vie, en figurant, en representation. Ses loisirs s'emploient a lire et a jouer, a monter a cheval. II mene une vie commune avec les plus jeunes fils de Velazquez. Sacchini 96 trompe, quand il suppose que celui-ci n'a pas d'enfants. Outre Arnao,

6l6 NOTES ET APPENDICES

Gutierrez et Juan dont on trouvc les norm parmi les pages, le grand tresorier a d' autr.es fils encore, .comme on le voit par son testament et 1'acte de constitution d'un majorat dans sa famille. (Arch, de Simancas. Casa real de Castilla).

Dans son Histoire de Charles V (p. 84), Sandoval fait de Juan Velazquez le portrait le plus flatteur; il 1'appelle un homme sage, vertueux, de bonne naissance, tres Chretien, de grand air et de conscience delicate . On peut fitre sur qu'un tel protecteur traita Inigo comme 1'un des siens. S'il en cut eu besoin, il aurait ,ete pousse par Maria de Guevara.

Troisiemement, il est impossible que tout le temps qu'il demeura loin de sa famille, Inigo soit reste" confine a Are'yalo. Par ses fonctions mfimes, Juan Velazquez e"tait oblige de suivre la cour dans la plupart de ses voyages. Les habitudes des rois de Gastille s'etaient modifie'es depuis les jours dej& lointains du roi Enrique IV. Roi d'Aragon par sa naissance, Ferdinand, devenu roi de Castille par son manage avec Isabella (1499) roi de Grenade (1491), maitre du Roussillon (1493) et de la Navarre (1512) ne pouvait se contenter du train d'Henri IV ou de Jean II. Ses domaines sont plus tendus, ses ressources plus considerables. Les maisons royales, qui se multiplieront sous les successeurs, sont de"jk nombreuses. II y en a a Valladolid, a Medina del Campo, k S^govie, k Madrid, a Seville. Durant les dix anne*es que peut-etre Inigo passa dans la maison de Juan Velazquez, il est invraisemblable qu'il n'ait pas suiyi la cour, dans les voyages qui la transportaient, en tout ou en partie, a la suite des souverains.

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