‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 47 sur 396 · Gonzales de Camara, n · texte numérisé non relu

Gonzales de Camara, n

A MONTSERRAT ET A MANRESE 69

La- Real, la magnifique collegiale recemment achevee, avait une place dans sa memoire, avec ce pantheon royal 1 , ou sous leurs pierres sepulcrales gardees par les fils de saint Benoit, dormaient des souverains et des infants de Navarre ; et les cendres refroidies des princes a jamais disparus lui criaient la vanite des choses humaines. Qu'aurait-il dit au due de Najera : Sic transit gloria mundi? Certes le courage ne lui aurait point manque pour risquer de pareils discours; mais il tenait a garder secrete sa resolution d'une vie nouvelle. II se contenta done de confier a des domestiques, pour le tresorier du due, un billet reclamant le du de la solde. Averti par k tresorier, le due Antoine repondit que, meme s'il etait a court d'argent, il en aurait toujours pour Loyola; vu le credit acquis dans le passe, volontiers il donnerait a Inigo une bonne lieutenance s'il voulait accepter 2 . Inigo songeait moins que jamais a une fortune terrestre ; il ne voulait plus etre que le soldat du Christ.. Par lettre, ou par le messager qui lui apportait ces offres aimables, il dut remercier le due de ses bontes. Des ducats recouvres il fit deux parts : 1'une qu'il donna a distribuer a certaines personnes envers lesquelles il se sentait oblige; Tautre fut reservee a une image de Notre-Dame dans 1'eglise de Navarrete probablement, ou dans une ermita voisine. L'image etait mal arrangee, Inigo laissa la somme necessaire pour la tres bien orner . Apres quoi, congediant ses deux domestiques, il partit seul, sur sa mule, de Navarrete pour Montserrat 3 .

De Navarrete, Inigo gagna Logrono, pour y joindre la route royale. Et, sans doute, en traversant cette vallee de 1'Ebre, au point ou les troupes commandees par le due de Najera avaient commence a refouler 1'invasion fran9aise, le souvenir lui revint a 1'esprit des jours tragiques de Pampelune... Que tout cela etait loin; a quels autres combats il songeait maintenant; et

1. Voir Constantino Garran, Santa Maria la Real de Najera, Soria, S. Sainz Moneo, 1910, 21-34.

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