I. Cf. infray p
LE GNOSnCISME JUDEO-CHRETIEN 7
Baptiste et insistaient sur Timportance d'un éon appelé la Sagesse (Sophia)*. — Les Ebionites Esséniens se servaient d'un Evangile des XII Apôtres apparenté à TEvangile des Cérinthiens ; mais ils condamnaient les sacrifices sanglants et Tusage de la viande ; ils pratiquaient Tascétisme ; ils rejetaient le Pentateuqueetles Prophètes et prétendaient restaurer dans sa pureté primitive Toeuvre d'Adam, de Moïse et de Jésus — trois incarnations d'un même Ange, — diversement mais également défigurée par les Patriarches, par Israël et par l'Eglise. Un roman historique racontait les aventures de Clémient de Rome en quête de la vérité (les Homélies Clémentines) : il leur servait à propager leur doctrine. — Les Sampséens, ou Elcésaïtes, rejetaient à la fois les Prophètes et les Apôtres ; ils interprétaient deux Apocalypses rédigées par leurs fondateurs, contemporains de Cérinthe et de Trajan (98-117), Elxaï et Jexeos ; ils accouplaient au Christ un être femelle, le Saint-Esprit ; ils usaient de formules magiques et de pratiques astrologiques.
La Gnose chrétienne s'épanouit avec autant de force. Simon le Magicien, originaire de Giddon, en Samarie, avait voulu acheter de saint Pierre le pou-
I. Le mot sophia ne se rencontre pas une fois dans le quatrième Evangile ; la Sagesse de Jahvé était conçue comme une personnalité divine par beaucoup de Juifs, et les Chrétiens, à la suite de saint Paul, commençaient à l'identifier avec le Christ [Avenir du Christianisme. 1. p. 71-73 et 168-169]; la Sagesse joue un certain rôle chez Basilide, la Pensée chez Simon. Ces faits nous poussent à admettre que, à la fin du premier siècle, un contemporain de Cérinthe, intermédiaire peut-être entre Simon et Basilide, a élaboré une doctrine, ou un mythe, de Sophia.