‹ Saint IrénéeChapitre 9 sur 181 · PHILON · texte numérisé non relu

PHILON

et le contact, à l'exemple de Dieu ; la résurrection de la chair est formellement rejetée. — Enfin, les docteurs qui répandent ces enseignements les présentent comme une science supérieure (èTciyvwaiç), la seule vraie science qui procure le salut (yvokjiç). — Sur un seul point, ils semblent être en grave désaccord : les uns n'accordent aucune valeur aux sacrifices et aux cérémonies prescrites par la Loi (les Esséniens) ; les autres maintiennent le sabbat, la circoncision, les observances rituelles (les maîtres de Cérinthe). — Le plus illustre, le plus grand sans doute de ces croyants et de ces penseurs est un contemporain de Jésus-Christ : Talexandrin Philon, Juif de race et tout imprégné de science grecque, se propose expressément d'attirer les Païens au vrai Dieu, le Dieu de Moïse, Jahvé ; il organise un vaste système spéculatif, il insiste sur les intermédiaires qui relient Dieu au monde, mais il s'attache surtout à montrer que la science n'est rien auprès de l'amour. De ce courant gnostique juif s'est détachée la Gnose judéo-chrétienne, en même temps que du Judaïsme le Christianisme naissait : aux théories qu'on a vues elle ajoutait une théorie du Christ en qui elle montrait un Ange descendu du ciel. Son docteur le plus fameux est Cérinthe, ou Mérinthe * : pour lui, Jésus n'est qu'un homme sur lequel, au moment du baptême, est descendu un éon appelé le Christ, qui l'a abandonné avant la passion. — D'autres docteurs, très mal connus, mettaient en relief le rôle de Jean-

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