‹ Saint IrénéeChapitre 104 sur 181 · RÉALITÉ DE LA CHAIR · texte numérisé non relu

RÉALITÉ DE LA CHAIR

résurrection, % Partout [Rom, xiv, 15; Eph. 11, 13; Gai, m, 13 ; I Cor, viii, 11]... il montre que ce n'est pas un Christ impassible qui est descendu sur Jésus, mais que c'est Jésus, identique au Christ, qui a souffert pour nous, qui s'est couché (au tombeau) et qui est monté (au ciel), lui le Fils de Dieu devenu fils de l'homme. Son nom même en témoigne : dans le mot Christ on entend celui qui oint, celui qui est oint et l'onction elle-même, (car XpKrrd; est l'adjectif verbal, de Xp(o), qui signifie oindre). Le Père donne, le Fils reçoit l'onction, qui est l'Esprit, selon ce qu'a dit Isaie [lxi, i] : « Spiritus Dei super me propter quod unxit me,., »

Si ce n'est pas le Christ même qui devait souffrir (dans son corps humain), s'il devait s'envoler loin de Jésus, pourquoi exhortait-il ses disciples à porter leur croix et à le suivre, puisque lui-même ne la portait pas? (Pourquoi leur annonçait-il qu'ils souffriraient, pourquoi les exhortait-il à n'avoir pas peur ; pourquoi leur promettait-il qu'il confesserait devant son Père ceux qui l'auraient confessé devaht les hommes?)

(D'aucuns répondent qu'il a souffert, mais seulement en apparence). S'il n'a pas véritablement souffert, il n'est en lui aucune grâce puisqu'il n'y a eu en lui aucune passion ; il nous trompe lorsque, dès que nous commençons de souffrir, il nous exhorte à être battus et à tendre l'autre joue... Nous serons donc supérieurs à notre Maître en souffrant et en supportant ce qu'il n'a pas souffert et supporté.

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