ET LE CHRIST I
clairement que celui qui a parlé à Moïse..., et s'est montré le Dieu de nos Pères, celui-là est le Dieu des vivants... Il est lui-même la résurrection, selon ce qu'il a dit [Joan., xi, 25] : « /^ suis la résurrection et la vie.,, »
C'est encore ce qu'il enseignait lorsqu'il disait aux Juifs [Joan., viii, 56] : « Abraham votre père a frémi du désir de voir le jour de ma venue; il Va vu et il s'est réjoui, » Qu'est-ce à dire ? Abraham a cru à Dieu et ce lui fut réputé à justice [Rom,, iv, 3 ; Genèse, xv, 6] : il crut d'abord que Dieu est le créateur du ciel et de la terre, et le Dieu unique ; il crut ensuite que Dieu multiplierait sa descendance (à l'infini), comme les étoiles du ciel. . .C'est donc avec justice qu'il abandonnait ses parents selon la terre et suivait le Verbe, voyageait avec le Verbe, s'arrêtait avec le Verbe. C'est avec justice que faisaient de même les Apôtres, ses descendants, et qu'ils abandonnaient leur barque et leur père, et qu'ils suivaient le Verbe de Dieu. Et c'est avec justice que nous le suivons aussi, nous qui avons la même foi qu'Abraham et qui portons la croix comme Isaac portait le bois du bûcher. En Abraham l'homme s'était appris et accoutumé à suivre le Verbe de Dieu. Car Abraham, conformément à sa foi, avait suivi le précepte du Verbe (et avait consenti à sacrifier son fils unique). Comme il était prophète et voyait dans l'Esprit le jour de la venue du Seigneur et sa passion, par où commençaient d'être sauvés tous ceux qui, comme lui, croyaient en Dieu, il frémit d'une joie profonde...