‹ Saint IrénéeChapitre 12 sur 181 · VALENTIN ET MARCION · texte numérisé non relu

VALENTIN ET MARCION

lui, icpôc; TÔv 6£Ôv, uni à lui et distinct de lui. C'est par lui qu'a été créé le monde ; et c'est lui encore qui est venu sur terre apporter la vie et la lumière aux hommes: Jésus-Christ est le Verbe fait chair.

Les Gnostiques ne s'avouèrent pas vaincus : dans la patrie de Philon, ils relevèrent la tête. Basilide d'Alexandrie (vers 133-140?) reprit et développa le système de Simon le Magicien * ; mais il trouva bientôt de redoutables émules en Valentin de Rome (vers 135-160) et en Marcion de Sinope (vers 144-150), qui veulent réfuter, en les utilisant, et saint Jean etsaint Paul. Imagination féconde, Valentin ' conçoit en poète le problème métaphysique et se meut avec une souple aisance au milieu des complications du drame sacré qu'il imagine. Pensée vigoureuse toute pénétrée de platonisme, s'il emprunte à l'Egypte ses couples divins, femelles et mâles (syzygies), il les tranforme en abstractions pures ; il réagit contre le dualisme où aboutissent Basilide et Simon ; il voit dans le monde matériel et passager, le Kénome^ une imparfaite image du monde éternel et spirituel, le Pléromc. Chrétien convaincu, disciple de Jean, il a un sentiment très vif du péché, il fait de Jésus le centre de son système et l'instrument du salut et il garde un souvenir encore vivant de sa réalité historique. Çlus profondément chrétien que Valentin même, Marcion ^ combine la Gnose avec la doctrine de saint

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