IRÉNÉE A LYON
des représentants les plus autorisés du Christianisme de ce temps.
Lorsque saint Pothin est mort (177) dans cette affreuse tragédie où sont morts en même temps Blandine et Sanctus, Attale et Alexandre le Phrygien, et tant d'autres, Irénée a été choisi pour, gouverner à sa place Téglise décimée*. Nous savons que les martyrs faisaient de lui le plus grand cas : c'est lui qu'ils envoient au pape Eleuthère (175-189) lorsqu'ils apprennent les prophéties montanistes et que l'attitude de certains évéques implique le désaveu des prophètes ; Irénée est chargé de recommander à Eleuthère « la paix et l'union des églises ». En même temps que son influence religieuse, cette mission atteste, semble-t-il, ses sympathies pour le Montanisme : s'il est chargé de le défendre à Rome, n'estce pas qu'il le défend à Lyon ?
Durant une vingtaine d'années — on ignore la date de sa mort — il dirige l'église lyonnaise. L'exaltation de la foi dans les âmes était alors très grande. On gardait pieusement le souvenir des martyrs de 177. Les phénomènes surnaturels dont parle saint Paul étaient très fréquents : visions, extases, prophéties, guérisons miraculeuses, tremblements de crainte ou de joie, les fidèles d'Irénée connaissent — c'est Irénée lui-même qui l'atteste — toutes ces manifestations de l'Esprit. Une inscription trouvée à Autun*,
1. Sur ce point comme sur d'autres, je me permets* de renvoyer le lecteur à mon étude sur Saint Irénée [raris, Leco fifre, 1904, in-12], p. 14-17.