‹ Saint IrénéeChapitre 141 sur 181 · IO LE TEMOIGNAGE · texte numérisé non relu

IO LE TEMOIGNAGE

pain ordinaire mais TEucharistie, et se compose de deux choses, une chose terrestre et une chose céleste ; ainsi nos corps, lorsqu'ils ont reçu l'Eucharistie, ne sont plus corruptibles mais ont l'espérance de la résurrection et de l'éternité *.

Conclusion

L'unité du développement religieux qui s'est accompli dans Israël et qui s'accomplit dans l'Eglise est aisément vérifiée lorsqu'on compare entre elles la religion d'Abraham, la religion de Moïse, la religion des Prophètes, la religion de Jésus, la religion de l'Eglise ; elle est impliquée par l'Ecriture, et elle est confirmée par l'Eucharistie, — Elle est confirmée encore par un témoignage.

Un presbytre disciple des Apôtres raisonnait de cette manière sur les deux Testaments et montrait qu'ils venaient l'un et l'autre d'un seul et même Dieu; qu'il n'y a pas d'autre Dieu que celui qui nous a faits et pétris ; et qu'il manque de solidité le système d'après lequel notre univers a été fait par des Anges, ou par une certaine puissance, ou par un autre dieu. Qui s'écarte une fois (de la théorie) du Créateur de

I. Sur TEucharistie, cf. encore infra, p. 238-339, le ^l^^ut du livre V.

d'un disciple des APOTRES 311

toutes choses..., tombe nécessairement dans une foule de. contradictions... (insolubles). Et c'est pourquoi ceux qui introduisent d'autres doctrines (que les nôtres) nous les cachent...

Dieu

Au cours de ce quatrième livre, Irénée mêle à Texposé de sa thèse sur l'unité et la continuité d'Israël et de l'Eglise, un certain nombre de digressions qui, toutes, concernent soit Dieu, soit l'homme. On résumera séparément les unes et les autres.

Les premières développent ces quatre idées : Dieu est connaissable, Dieu n'a besoin de rien. Dieu punit justement, Dieu n'est pas l'auteur du mal,

I. Notre connaissance de Dieu. Inexistence de Dieu est connue par l'intermédiaire du monde qu'il a créé ; sa nature nous serait presque absolument inconnue sans le Verbe, qui nous révèle son amour. Voilà les deux points sur lesquels insiste ici Irénée.

Les hérétiques [986] interprètent la parole du Christ [mt. XI, 27. LUC, X, 22] : « Nul ne connaît le Fils si ce n^est le Père, ni le Père si ce n'est le Fils et celui à qui

le Fils veut le révéler >,

comme si le vrai Dieu avait été absolument inconnu avant la venue de Notre-Seigneur, comme

ai a LE FILS

si le Dieu des Prophètes n'était pas le Père du Christ. Le Verbe n'a pas commencé d'être au temps de Tibère César, lorsqu'il s'est incarné ; et toujours il s'occupait de la créature. Car pourquoi le Père aurait-il négligé jusque là de s'occuper des hommes ? C'est par la création même que le Verbe révèle le Créateur, par le monde, par la créature ; il le révèle pareillement par la Loi et par les Prophètes ; il le révèle, à la fin, par lui-même : dans le Fils tous ont vu le Père ..., et c'est pourquoi tous l'appelaient Dieu... Celui qui disait: Nul ne connaît le Père n'était pas autre que celui qui était connu ; il était identique à lui, ils n'étaient qu'un. Le Père lui soumettait toutes choses, et toutes choses — Père, Esprit, Anges, créatures, hommes, démons, Satan — lui rendaient témoignage qu'il était vrai Dieu et vrai homme. Le Fils gouverne toutes choses pour le Père, les conduit de leur origine à leur fin ; et sans lui nul ne peut connaître le Père. La connaissance du Père, c'est le Fils ; la connaissance du Fils est révélée dans le Père par le Fils. Et c'est pourquoi le Seigneur disait :«A^w/ 7îe connaît le Fils si ce n'est le Père...:^: (paroles qui ne s'appliquent pas seulement à l'avenir, mais à toute la durée des temps). Le Fils assistait la créature depuis l'origine, il révélait le Père à tous ceux qu'il voulait (éclairer), quand et comment il le voulait *... Le Père, pour nous, est invisible et indéterminable ; mais son Verbe le connaît et, bien qu'il

I. L'influence de saint Justin et des Apologistes sur Irénée est très sensible ici; il donne ici la main à Clément d'Alexandrie.

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