HUMAIN
qu'il a fait volontairement ce qui n'était pas; sa sagesse dans Tordre et Tharmonie de ce qu'il a fait. Or, certaines de ses créations doivent à l'immensité de sa bonté de se développer, de persévérer durant longtemps, d'imiter la gloire de l'Inengendré : Dieu leur donne libéralement ce qui est bon. En tant que faites, elles ne sont pas inengendrées ; mais en tant qu'elles persévèrent à travers de longs siècles, elles participent à la puissance de l'Inengendré, Dieu leur donnant gratuitement la persévérance éternelle... Voilà l'ordre, l'harmonie, la conduite qui ont présidé à la création de l'homme, modelé à l'image et à la ressemblance du Père qui n'a pas été fait : le Père décide et ordonne, le Fils exécute et forme, VEsprit nourrit et développe ; Thomme progresse peu à peu, parvient à la perfection, c'est-à-dire qu'il s'approche de Celui qui n'a pas été fait.* Est parfait celui qui n'a pas été fait, c'est-à-dire Dieu. Quant à l'homme, il fallait d'abord qu'il fût fait, puis qu'il se développât, et prît des forces, et qu'il se multipliât, et qu'il s'épanouît, et qu'il fût glorifié, et qu'il vît son Seigneur. Dieu est celui qu'il faut voir ; car, de le voir donne l'incorruptibilité, et V incorruptibilité rapproche de Dieu [Sap, vi, 19-20). — C'est donc manquer de raison que supprimer le temps de la croissance et de transporter en Dieu les infirmités de notre nature. C'est ignorer Dieu, c'est s'ignorer soi-même... que de vouloir s'assimiler à Dieu le Créateur, et supprimer toute différence entre Dieu qui n'a pas été fait et l'homme qui a été fait.