‹ Saint IrénéeChapitre 156 sur 181 · LA CHAIR · texte numérisé non relu

LA CHAIR

n'existe, que de lui rendre (la vie et la raison)... après qu'il se sera dissous en terre... Celui qui, au commencement, a donné l'être à qui n'était pas, ramènera très facilement à la vie, lorsqu'il le voudra, ceux qui ont été. On verra que la chair est capable de porter la puissance de Dieu, elle qui, au commencement, a porté son art... Qu'on nous le dise, (en effet) : ceux qui nient que la chair puisse recevoir la vie divine sont-ils bien vivants et participent-ils à la vie, ou bien leur vie est-elle inexistante et confessentils que, présentement, ils sont morts? S'ils sont morts, d'où leur vient le mouvement, la parole, toutes leurs actions, œuvres de la vie et non de la mort ? S'ils vivent, si tout leur corps participe à leur vie, comment osent-ils dire que la chair ne participe pas à la vie alors qu'ils confessent qu'ils sont en vie ? Autant vaudrait soutenir qu'une éponge ne peut pas recevoir d'eau, en tenant à la main une éponge pleine d'eau... Si notre vie temporelle, bien que beaucoup moins forte que notre vie éternelle, a pourtant le pouvoir de vivifier nos membres mortels ; pourquoi la vie éternelle ne vivifierait-t-elle pas notre chair, déjà exercée et habituée à porter la vie?

Dieu (1136) sera glorifié dans sa créature... (c'està-dire dans l'homme tout entier. Car,) c'est l'homme tout entier *, et non une partie de l'homme, qui a été fait à la ressemblance de Dieu par les mains du Père,

I. Irénée revient sur la même idée, V, 8, 2, 1142 ; il en profite

{>our flétrir les hommes qui vivent, non selon l'Esprit, mais selon a chair, « à la façon des porcs et des chiens » : ce sont les charnels dont parle l'Apôtre.

Page 1