I. Pour plus de détails, cf. op, cit., p
l'écriture 3 1
nous voulons donner la cause des crues du Nil ? » Il faut recourir à VEcrittire afin d'acquérir une idée un peu moins imprécise de Dieu. « Les deux Testaments ont été produits par un seul et même père de famille, le Verbe de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a parlé à Abraham et à Moïse et qui, dernièrement, nous a rendu la liberté. » L'Ecriturexa Dieu pour auteur. — Par Ecriture, il entend le Pentateuque, Josué, les Juges, les quatre Livres des Rois, les Psaumes, les Proverbes de Salomon, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Jonas, Michée, Habacuc, Zacharie,Malachie,Baruch, la Sagesse de Salomon ; les quatre Evangiles, les Actes, les treize Epîtres de saint Paul, les Epîtres de saint Jacques et de saint Pierre, l'Apocalypse et les Epîtres de saint Jean, le Pasteur d'Hermas. — Il définit avec décision le rapport mutuel des diverses parties de la Bible. L'Ancien Testament est une ample, prophétie annonçant d'avance l'œuvre du Christ. L'Ecriture tout entière est l'histoire du relèvement progressif de l'humanité arrachée par Dieu au péché, et, par lui, attirée à lui : « Il n'y a qu'un salut, dit-il, comme il n'y a qu'un Dieu ; mais nombreux sont les préceptes qui forment l'homme, et nombreux sont les degrés qui le font monter jusqu'à Dieu. » Adam, Moïse et Jésus marquent les trois grandes étapes de cette bienfaisante histoire : Jésus couronne et achève l'œuvre de Moïse; tous les Apôtres sont, au même titre que saint Paul, les fidèles missionnaires de Jésus.
^a LA TRADITION
En même temps qu'à TEcriture, Irénée recourt à la Tradition : ses adversaires, du reste, font de même. La tradition orale de l'enseignement de Jésus est indépendante des textes qui en décrivent tel ou tel aspect ; elle leur est antérieure : il est donc légitime de rinterroger pour les compléter ou les éclairer. — On peut consulter cette tradition auprès de TEglise, c'est-à-dire, plus précisément, auprès des évêques successeurs des Apôtres, et, plus rapidement, auprès de Tévêque de Rome, successeur de saint Pierre. « C'est aux prêtres qui sont dans l'Eglise qu'il faut obéir, à ceux qui sont les successeurs des Apôtres... » — C'est cette tradition vivante qui répand et maintient l'unité de foi ; c'est par elle que se manifeste l'action toujours présente du Saint- Esprit dans l'Eglise. « Où est l'Eglise, là est l'Esprit de Dieu, et là où est l'Esprit de Dieu, là est l'Eglise, et avec elle toute grâce; et l'Esprit, c'est la vérité. W
Cette méthode positive n'accorde à la philosophie qu'un rôle très secondaire, mais elle ne rompt pas avec elle. Irénée voit que la philosophie grecque est une source de la Gnose, mais il se souvient de saint Justin ; Hellène, il hésite à répudier l'héritage de l'Hellénisme : il ne lance pas l'anathème. — TertuUien ne saura pas garder la même réserve.
Les tendances positives de l'esprit d'Irénée déterminent l'ordonnance et le contenu de sa doctrine aussi bien que le caractère général et les règles diverses de sa méthode. L'objet même de la foi est le principe et comme le ferment d'où jaillit son